Les Hauts Pays, Polaira, Kakkara



La forêt des quatre saisons

Les trois amis marchèrent jusqu'à l’Agence Canon la plus proche. Avec l’argent dont disposait à présent Paul, le problème de paiement ne se posait plus. Leur destination : les Hauts Pays. Ils entrèrent tous les trois dans le canon, et l’agent Canon alluma la mèche. Dans une explosion, trois clients étaient envoyés sans grand confort vers le nord du continent. Les passagers tourbillonnèrent quelque temps dans le ciel, puis retombèrent dans une clairière avec des arbres en fleurs.
« —Mais ?!? Nous sommes en été ! On se croirait au printemps dans ta forêt ! Dit Paul à Trivol. Les saisons ne sont pas les mêmes chez toi ?
—Nous sommes dans la forêt des quatre saisons, répondit l’Elfe. Chaque clairière de cette forêt a une saison particulière. C’est dans cette forêt que vivent les Mimis et les Elfes Magiques. Le Hameau des Elfes est caché, mais le problème, c’est que je ne me rappelle plus comment on fait pour le trouver... »
Ils traversèrent les différentes clairières, et rencontrèrent des hiboux qui leurs envoyaient une magie les rendant un peu sonnés pendant un moment, et une autre sorte de lapins, qui leurs envoyaient une magie qui endormait sur place. Aussi quelques crabes qui lançaient leurs pinces.
A la clairière de l’automne, il n’y avait pas de monstres. Par contre, il y avait plusieurs petits animaux, ressemblant à des chats qui marchaient sur les deux pattes arrières, avec des ailes dans le dos. Trivol s’approcha de l’un d’eux, et lui posa une question. Le petit animal lui répondit par de petits piaillements, que l’Elfe parut comprendre.
« —Ce sont les Mimis, dit-il. Mais ils ont été expulsés de leur village par les Gravios. Nous allons les virer à notre tour. Leur village se trouve à côté de la clairière d’été. Venez ! »
En effet, Trivol les mena dans un chemin entre les arbres, et ils arrivèrent à l’orée d’une autre clairière, infestée de sortes de hérissons, armés de piquants gros comme des pieux, deux fois plus gros que les Mimis. Ces animaux étaient résistants et acharnés, mais à coups d’épée et de magie, ils finirent par fuir.
Seul l’un d’entre eux, certainement leur chef, continua à faire face à l’Elfe. Il lui parla dans une langue inconnue. « Il dit qu’il veut me combattre en combat singulier, traduit Trivol. Le gagnant aura le village. » Ce Gravio était encore plus gros que les autres. Il semblait plus assuré. Il pris une branche d’arbre qu’il tailla sur ces piquants. Il brandit son arme et poussa un petit cri qui n’était pas difficile à comprendre : il était prêt.
Trivol garda son fouet devant lui. Il semblait décidé à ne pas utiliser ses pouvoirs magiques. Le Gravio s’enfonça sous terre en envoyant de la terre sur Trivol. Profitant de cet effet de surprise, le Gravio sortit juste derrière Trivol. Paul voulut le prévenir, mais il comprit qu’il n’avait pas à intervenir dans ce combat. D’ailleurs, il n’eut pas besoin de le prévenir. L’Elfe se retourna brusquement et lui donna un coup de pied. Il donna un coup de fouet au hérisson en vol. A peine son adversaire avait touché terre qu’il rebondi et se jeta en boule sur Trivol. L’Elfe sauta sur le côté, et chargea son fouet. Le chef des Gravios lança sa pique de bois, et Trivol lui donna un coup de fouet explosif. Le Gravio sombra, et l’Elfe reçut la pique à l’épaule.
Olivia se jeta sur son ami en envoyant la magie d’Ondine, pour lui redonner de l’énergie.
L’Elfe parla aux Mimis qui le remercièrent.
« —Ça y est ! Les Mimis m’ont rappelé comment trouver le Hameau des Elfes. Pour ouvrir le passage, il faut traverser la forêt dans le sens des saisons : printemps - été - automne - hiver - printemps. Allons-y ! Il me tarde de retrouver mon village. »

Bekbek

Les aventuriers se pressèrent, et firent rapidement le tour des clairières, en évitant les monstres. Pas le temps de les tuer. A peine avaient-ils atteint la clairière du printemps qu’ils remarquèrent un chemin entre les arbres.
« —Je ne l’avais jamais remarqué avant, dit Paul.
—C’est ça l’avantage, répondit Trivol, en fait, ce chemin passe juste inaperçu aux yeux des passants. Mais il a toujours existé. »
Le petit sentier les mena jusqu'à une autre clairière. Il y avait quelques pierres levées, des maisons de petite taille, la plupart étant... complètement cassés. Il n’y avait pas âme qui vive. Tout était détruit.
« —Mon village ! Ce n’est pas possible ! Il est introuvable ! » Les amis de l’Elfe faisaient tous ce qu’ils pouvaient pour le consoler. « Allons vite au palais du Vent. » Il leur indiqua un chemin.
Mais une autre surprise les attendait : un oiseau gros de deux mètres les attendait. Il faisait des sauts en hauteur pour attaquer en l’air. Il ne pouvait pas voler à cause de son poids, mais il pouvait voleter à la façon des poules. Paul reconnu Bekbek, l’oiseau qui était un garde du corps volant du Démo Mana (enfin, c’est ce qu’ils disaient dans le livre des légendes). Il attaquait avec la magie d’Ondine. Et tout comme Double Souci, la magie adverse devrait le tuer facilement. Mais Trivol ne possédait pas la magie du Feu, et ne semblait pas disposé à se battre : il était encore touché par la disparition de son village.
Paul et Olivia chargèrent leurs armes. Pendant que Bekbek leur passa par dessus, ils donnèrent un double coup, doublement chargé, sur le ventre de l’oiseau. L’espèce d’emplumé piailla, et en se tordant de douleur, il envoya une magie du glaçon sur la fille. Olivia réagit de suite, et se fit la magie d’Ondine vivifiante. Les deux magies se parèrent, laissant à Paul le temps de recharger son épée, et à Olivia celui de sortir de l’axe de tir de l’oiseau géant.
L’Elfe fit à l’oiseau la magie du Gnome, la boue. Pendant qu’il se prenait un rocher sur la tête, Bekbek tourna sur lui-même, ce qui fit un vent épouvantable, et ses trois adversaires furent plaqués contre les arbres. Ce qui donna une idée à Paul. Bekbek fonça sur le garçon pour lui porter quelques coups de bec. A ce moment, Paul donna un coup d’épée... à l’arbre derrière lui ! L’arbre fut fracassé au tronc et coupé en deux. Paul se réfugia sur le côté, et le végétal centenaire écrasa la tête du monstre, qui, comme les autres, explosa.
Trivol commença à courir vers la fin du sentier. Les deux autres le suivirent. Ils arrivèrent devant un grand palais.
« —C’est le palais du Vent, dit Trivol. Il est surveillé par les Elfes Magiques. Il y a peut-être des réfugiés ici. »
Ils entrèrent. Au milieu de la grande salle derrière la porte d’entrée, se trouvait encore une pyramide, avec une graine Mana. A côté de cette pyramide se trouvait un vieil homme, assit. Trivol le reconnu tout de suite :
« —Grand-père ! » Il se dirigea vers l’ancêtre. Celui-ci tourna la tête pour montrer des yeux blancs. « Grand-père ! Qu’est-ce qu’il est arrivé à tes yeux ?

—C’est toi, répondit-il. C’est bien toi ? On te croyait perdu ! Comme tu vois, nous avons été attaqués. Mais l’Empire n’a pas de mérite : il s’aidait des pouvoirs de Thanatos pour nous empêcher d’utiliser les nôtres. Puis il a lancé cinq ou six monstres géants, croyant me faire sortir du palais que je gardais. Mais un Elfe Magique aidé de la puissance Mana n’avait rien à craindre de ses minables attaques. C’est vraiment dommage que j’étais le seul à méditer à l’intérieur du temple au moment de l’attaque.
—Nous avons détruit le dernier monstre. Dit Paul.
—C’est gentil, mais c’était inutile. Je n’en aurais fait qu’une bouchée. Uh, uh, uh. Mais je crois qu’il est temps pour moi de prendre ma retraite. Je ne peux pas te voir, mon petit-fils, mais je sens de la force en toi. Tu est encore plus prometteur que nous l’espérions. Tu dois détruire Thanatos. Fais vite, car il s’en emparé d’une personne qui devrait lui faire monter ses pouvoirs. Un enfant de la tribu de Mana. Je vais te donner le pouvoir du Vent. » Il ouvrit ses deux mains, et un espèce de petit génie apparut.
« —Oui, maître ? Questionna-t-il.
—Sylphide, lui répondit le vieillard, ces gens sont désormais tes maîtres. »
Le génie fit un signe, et il donna sa magie à Trivol et Olivia. Trivol reçut deux magies d’attaques, et une magie qui rendait le sujet dans la confusion la plus totale (la magie silence). Olivia obtint une magie pour transformer une arme en arme magique du Vent, une autre pour paralyser l’ennemi, et encore une autre, la magie d’analyse, qui permet de savoir avec quelle magie l’on peut détruire un ennemi. Sylphide était l’esprit du Vent au même titre que le Gnome et Ondine.
« —Maintenant, dit le vieil Elfe, tu dois affronter Thanatos au plus vite, mais soit près ! Sa magie est puissante. Tu dois d’abord monter les forces de tes magies. Aussi, il te faut une monture. Seul un Grand Dragon Blanc est digne de toi. Va donc à Bolet. Tu dois me remplacer au plus vite, je n’en ai plus pour longtemps. Aussi une chose. Tu seras bientôt le dernier des Elfes Magiques. J’espère que tu comprends qu’il ne faut pas que nous disparaissions. Tu dois donc fonder une famille avec beaucoup d’enfants et leurs apprendre les pouvoirs des Elfes Magiques. Après cela, je pourrais enfin mourir en paix. »

Bolet

Paul scella la graine Mana avec son épée, et ils sortirent. Ils firent chemin vers un sentier qui quittait la forêt des quatre saisons.
« —Mon pauvre grand-père n’a plus sa raison, dit tristement Trivol. Il n’a même pas pensé que je ne pouvais pas fonder une famille tout seul.
—Il voulait peut-être dire que tu pouvais être avec une Elfe sans qu’elle soit une Elfe Magique.
—Oui, je le crois, mais je ne pourrais pas faire ses dernières volontés. » Olivia se retourna brusquement :
« —Pourquoi ? » On voyait qu’elle ne voudrait jamais ne pas remplir les dernières volontés d’un parent. Ce genre de truc avait l’air très important pour elle.
« —Il est impossible que je survive à un combat contre Thanatos. Il est beaucoup plus fort que moi. Mon grand-père place trop d’espoirs en moi. En plus, j’ai l’intuition que ce n’est pas à moi de me battre contre Thanatos. » Il fit une petite pause, et Paul finit par poser une question :
« —Tu sais à qui ton grand-père faisait allusion, lorsqu’il parlait de l’enfant de la tribu Mana ?
—(Trivol baissa les yeux pour ne pas rencontrer le regard d’Olivia). Oui, bien sûr, que je le sais. C’est Tom. » Olivia se retourna brusquement une deuxième fois.
« —Quoi ? Tu le savais ? Tom est quelqu’un de puissant ?
—Oui, oui. Très puissant. Un enfant de la tribu Mana a des pouvoirs que nul ne peut contrôler. (pause) C’est à Tom de se battre contre Thanatos. Chacun a un combat à mener. Paul doit détruire les mauvaises forces, toi, tu dois aider Tom contre Thanatos. Moi, j’aiderai Paul. »
Ils arrivèrent dans un cul-de-sac. Le chemin était bloqué, et une sphère trônait au bout du sentier.
« —Nous arrivons à Bolet. Tu vois, cette sphère est identique à celle qui était devant le palais de la Terre. Ce sont des sphères qui gardent un passage. Et elles ne se brisent que contre une magie. Comme nous ne connaissons pas quelle magie s’utilise sur celle-là, Olivia, utilise ta magie d’analyse. »
La fille fit apparaître le génie, qui entoura la sphère d’un halo lumineux. Dans sa tête, la voix du génie vint résonner : « Sphère d’énergie... Sylphide. Sa magie agira. » Olivia le dit à Trivol, qui envoya un « Aéro Explo » sur la sphère (une magie destructrice de Sylphide). Comme pour la lave dans la caverne du Hameau Nani, une ouverture apparut, montrant l’entrée d’une grotte. Les aventuriers entrèrent. C’était une petite caverne. Au bout se trouvait une entrée qui donnait sur Bolet. Mais entre cette entrée et les enfants, se trouvait un volatile de taille humaine, qui engendrait des Gravios, et qui donnait des coups d’ailes sur ses ennemis.
Ce vautour de grande taille les menaçait et leurs empêchait l’accès au village. Paul et l’Elfe chargeaient leurs armes tous en évitant les attaques des Gravios, tandis qu’Olivia faisait la magie d’analyse sur leur ennemi. Le génie lui répondit qu’il fallait utiliser le Gnome : « Oisokimo... Utilise des Gravios et les pouvoirs magiques de Sylphide... Craint la magie du Gnome. » Et pendant que l’oiseau explosait sous une double charge, Olivia dit à Trivol, bien qu’un peu tard, quelle magie devait opérait contre Oisokimo. Ils se débarrassèrent des Gravios, puis entrèrent dans Bolet.
Ce village portait bien son nom : tous les habitants étaient des grands champignons qui marchaient au moyen de petits pieds qui devaient être, il y a très longtemps, des racines. Ils étaient très sympa et pacifiques, et se plaignaient de n’avoir rien pour se défendre contre les monstres. Ils leurs proposèrent d’aller voir leur roi, qui vivait dans un petit château. Dans ce château, en effet, se trouvait le roi Truffe, qui leur proposa une chambre gratuite pour se reposer. Puis il leurs parla de la légende des Grands Dragons Blancs. En effet, il y a longtemps, les chevaliers chevauchaient des dragons blancs géants, qui pouvaient voler autour du pays très rapidement. C’était ce genre de monture que le grand-père de Trivol voulait qu’il monte, c’était aussi le genre de monture qui était destiné au héros de la légende qui devait sauver le pays avec l’Épée Mana, autrement dit, Paul.
Mais la plupart des habitants pensaient que les Dragons Blancs avaient disparu. C’est là que Paul pensa que dans le ciel des Hauts Pays, de temps en temps, on pouvait voir voler des dragons. En effet, il suffisait de regarder au-dessus de soi pour voir des dragons passer, comme on pouvait voir un oiseau passer. Le Roi Truffe fut d’accord avec lui, mais il lui fit remarquer que d’abord ces dragons étaient rouge - violets, et qu’aussi ils ne faisaient, adultes, pas plus de deux mètres. Lui, il parlait de dragons de quatre à dix mètres de long.
On lui proposa quand même de regarder dans la caverne du dragon, où habitaient auparavant les Grands Dragons Blancs, mais qu’elle était dangereuse. Les enfants se reposèrent et partirent à la recherche d’un destrier.

Aspica

La caverne du dragon se trouvait juste derrière le château du roi Truffe. Elle était en effet dangereuse dans le sens où elle était peuplée de monstres. Et en particulier, on y trouvait des crabes qui lançaient leurs pinces, des grosses chenilles résistantes, des poissons armés de lances, et surtout plusieurs Oisokimo ! Cet oiseau qui les avait empêchés de rentrer dans Bolet. Mais bien que la progression soit difficile, les amis n’abandonnèrent pas. Au bout d’une galerie, un trou leur barra la route :
« —C’est la première fois que du vide nous empêche de passer.
—Je ne me sens pas capable de faire un saut de trois mètres.
—Le record est pourtant de quinze mètres à peu près.
—Attend, dit Olivia. Il y a des stalagmites de l’autre côté. Trivol, tu crois qu’avec ton fouet, tu pourrais l’accrocher dessus ?
—Je vais essayer. »
L’Elfe fit tournoyer son fouet, puis l’enroula autour d’un stalagmite. Il vérifia que ça tenait bien, puis s’élança de l’autre côté. Il se rattrapa sur la paroi du trou, et remonta à la corde. Une fois de l’autre côté, il envoya une magie sur un monstre qui voulait l’attaquer, puis remonta le fouet.
« —Ce n’est pas très pratique.
—Il n’y a pas d’autres solutions. Détache le fouet, et envoie-le moi. »
Lorsque Paul et Olivia passèrent, ils continuèrent leur route dans la caverne. Au bout d’un moment, ils arrivèrent dans une grande salle, pleine de végétation souterraine : des champignons d’un mètre de haut, et quelques verdures qui prenaient le peu de lumière qui filtrait à travers la pierre. Il n’y avait aucun monstre dans cette salle. Les aventuriers s’arrêtèrent un peu, lorsqu’un bruit de feuillage leur fit tourner la tête. Il y avait quelque chose dans la verdure. Les bruits continuèrent autours d’eux. Olivia fit la magie d’analyse sur la chose qui se cachait dans les végétaux.
« Aspica... Attention à sa langue... Utilise la magie d’Ondine... Carapace résistante... Aucune magie particulière contre ce monstre. » Olivia demanda à Paul :
« —Aspica, tu connais ?
—Quoi ? Aspica ? C’est le chef des monstres reptiles ! Il est très dangereux ! »
Un autre combat contre un monstre géant allait commencer. Le serpent géant restait toujours caché. Les trois enfants guettaient les bruits... Lorsque le monstre sembla être prêt, les bruits cessèrent. Toutes armes levées, les adversaires étaient prêt.
Soudainement, le monstre de dix mètres de long jaillit des buissons. C’était bien Aspica, le serpent d’un mètre de diamètre. Le monstre allait très rapidement de buissons en buissons, tapant ses adversaires avec sa carapace, et lançant des magies. L’Elfe se prépara à attaquer avec une magie, mais cela ne servit qu’à ralentir le monstre. Paul chargea l’Épée Mana. Aspica lui passa à côté, et le garçon envoya une volée entre deux anneaux du monstre. Celui-ci ne s’y attendait pas et s’enroula sur lui-même de douleur. L’Elfe donna un coup de fouet chargé dans la tête d’Aspica. Mais la carapace était résistance, et le serpent sentit à peine le coup.
Le monstre géant sortit sa langue. De quelques centimètres de longs, sa langue parti dans tous les sens autour de sa tête. Olivia et Paul furent touchés par cette langue, et furent transformés. L’Elfe vit ses deux amis se métamorphoser en Mimis ! En effet, les Mimis étants des animaux pacifiques et peu puissants, ils devenaient complètement inoffensifs. L’Elfe se retrouva seul. Il fit la magie du lierre, du Gnome, contre Aspica. Le monstre fut immobilisé pendant quelques secondes, c’était plus qu’il n’en faut pour que Trivol porte un coup de son fouet chargé à l’avance au maximum. Entre deux anneaux, il trancha le bout de la queue du serpent. En même temps, l’arme explosa.
Le serpent se retrouva en furie, et lança des glaçons sur l’Elfe. Et pendant que Trivol était attaqué par des glaçons qui venaient de nulle part, le serpent s’élança sur lui, pour l’écraser de ses deux tonnes et demie. L’Elfe, qui avait résisté à l’attaque magique, appela l’Épée de Paul, par une espèce de télépathie à laquelle seuls les Elfes Magiques avaient compris quelque chose. Olivia et Paul, transformés en chats avec des ailes dans le dos lui lancèrent l’Épée, qui vint se loger dans les mains de Trivol. Il la plaça au-dessus de lui tout en la chargeant (évidemment, tout ça s’est passé très vite). Le monstre géant tomba sur l’Épée, elle s’enfonça dans son corps et explosa à l’intérieur. Le monstre cria et mourut. Il se consuma juste au-dessus de l’Elfe, laissant place à une sphère d’arme. Trivol la prit et s’approcha de ses deux amis, qui faisaient maintenant vingt-cinq centimètres de hauteur.
« —Olivia ? Tu peux faire la magie de la guérison ? »
Le Mimi lui fit signe que non. « Allez, tu peux y arriver. Concentre-toi bien. » Olivia fit un grand effort, et l’Elfe l’aida à canaliser son énergie. Enfin, l’esprit d’Ondine apparut, et Olivia s’entoura d’une boule bleue. Puis elle reprit sa forme initiale. Elle refit la magie sur Paul, qui guérit à son tour.

Le dragon blanc


Lorsque le monstre disparut, une ouverture au fond de la caverne souterraine fit son apparition. Elle menait dans un long tunnel, qui finissait sur une autre salle. Dans cette salle, plus petite, des rayons de soleil venaient illuminer certains endroits de la grotte. Et au milieu, sur une petite paillasse improvisée, était assis un dragon !
C’était un dragon aussi grand que ceux qu’ils avaient vu dans la forêt des quatre saisons. Sauf que celui-ci était plus gros, et était tout blanc.
« —C’est un bébé Dragon Blanc, s’émerveilla Olivia.
—Le serpent a dû tuer sa mère.
—Le pauvre ! »
Le dragon émit un cri de gentillesse à leur vue.
« —Il faut le rapporter à Bolet. »
Ce qui était facile à dire n’était pas facile à faire. En fait, le dragon se laissait faire, mais il savait à peine marcher. Il fallut le pousser dans les souterrains, empêcher les monstres de l’attaquer. Enfin, il arriva au château du roi Truffe. Le dernier des Dragons Blancs fut laissé aux soins du roi, puis hébergé dans ce qui avait été avant des écuries de luxe pour les Dragons Blancs. Le roi truffe l’appela « Flammy ».
« —Dites, j’ai entendu dire que vous vouliez visiter tous les palais pour sceller les graines Mana ? Demanda Truffe au trois héros.
—Oui, répondit Paul.
—Je peux vous aider. Vous savez que l’agence Canon veut encore agrandir son réseau ? Elle espère pouvoir envoyer des gens jusqu'à Kakkara, Polaira, et Sudia. J’ai été averti qu’ils mettaient au point l’un des voyages. Allez à l’agence qui est à côté de la grotte d’entrée de Bolet, et dites que vous venez de ma part. »
Ce qu’ils firent. Ils arrivèrent dans une petite clairière, dans laquelle était un canon plus gros que ceux qu’ils avaient vu jusqu'à présent.
« —Vous voulez vraiment vous proposer comme cobaye pour les voyages ? Demanda celui qui s’occupait du canon. Celui-ci est braqué sur le désert de Kakkara. Mais j’ai peur qu’il ne soit pas bien au bon endroit. La chute peut être dure, et pas du tout là où vous voulez aller. La destination espérée est la ville de Kakkara, la seule ville qu’il y a dans ce désert. »
N’ayant peur de rien, les enfant acceptèrent et montèrent dans le canon. L’explosion les envoya dans le continent au-dessus des Haut Pays et Pandore : le Désert de Kakkara. Les trois voyageurs tombèrent entre deux dunes.
« —Si les calculs de l’homme canon sont exacts, la ville devrait être juste derrière ces quelques dunes. »
Ils grimpèrent sur la première, ce qui leur offrit une vue panoramique sur le paysage à plusieurs centaines de mètres d’eux. Mais il n’y avait aucune trace de village. Ils cherchèrent entre deux dunes, marchèrent sur l’étendue de sable, et continuèrent en vain leur marche. L’agent canon avait raté ses calculs.

Le bateau de sable

Toujours avec espoir, les trois amis poursuivirent leur route droit devant. Ils rencontrèrent quelques monstres de petites tailles, scorpions, et mygales géantes qui ne leurs posèrent pas de problème. Sauf de temps en temps, des pattes de mygales géantes jaillissant du sable et prenant à l’improviste leur proie. Mais quelques attaques magiques du Gnome en venaient vite à bout.
Très vite, la soif se fit sentir, la fatigue, les mirages, l’impression de ne pas avoir avancé en ne voyant que des dunes à perte de vue. Heureusement, au loin, ils virent quelque chose briller. C’était un bateau de sable, ces immenses cargos qui naviguaient sur les dunes. Paul, Olivia et Trivol firent des signes pour attirer l’attention du navigateur. Le bateau ne semblait pas changer sa course, mais de toute façon se dirigeait vers eux. Le bateau leur passa à une cinquantaine de mètres, sans ce soucier d’eux.
« —Il faut le rattraper, dit Olivia. » Et elle utilisa sa magie du Gnome « vitesse » sur elle-même et ses deux amis. Ils partirent à la vitesse d’une flèche vers le bateau, et embarquèrent sur le navire en marche par une plate-forme basse. Pour se faire accueillir par deux gardes du royaume de Pandore. C’était un bon point que ce soit un bateau qui soit de leur côté.
« —Qui êtes vous ? demanda l’un des gardes. Des espions de l’Empire ?
—Seuls des espions de l’Empire sont assez bête pour faire ça, répondit l’autre.
—S’il vous plaît, dit Paul, nous nous sommes perdus, et...
—Qui sont ces gens ? Demanda un bonhomme haut gradé qui venait d’arriver.
—Ce sont des espions ! Enfin, je crois...
—On verra ça plus tard, répondit le chef. Toi, (il désigna l’Elfe) tu vas aux cuisines, toi (il désigna Paul) tu vas aux machines, et toi, (Olivia) tu viens avec moi. »
Paul se retrouva donc dans une chaufferie destinée à faire marcher les moteurs du bateau. Il y avait d’autres prisonniers et deux gardes étaient de poste devant l’unique sortie. Il fallait expliquer qu’il n’était pas un espion de l’Empire. Il parla un peu aux travailleurs. Il y appris que celui qui les avait envoyés aux différents points du bateau était le neveu du Général Neslie, commandant du bord. Il rencontra aussi un pirate qui écumait les vaisseaux de l’Empire avant d’être capturé par ce bateau.
« —Ce neveu ne sait même pas faire la différence entre un espion et un honnête pirate. Je te propose une double invasion pour lui expliquer ça. Je ne cherchais que quelqu’un comme toi pour m’aider. »
Le pirate s’approcha des fourneaux pendant que Paul s’accouda à côté de l’escalier surveillé par les sentinelles. Sous les protestations des autres travailleurs qui essayaient d’attiser les flammes, le pirate envoya un plein seau d’eau sur les braises rouges. Une fumée blanche mais courte s’échappa de la cheminée, et il courut vers les gardes en criant « Au feu ! Au feu ! » Les deux sentinelles se dirigèrent vers la fumée, pendant que le pirate entraînait Paul vers l’escalier. « Fonce, dit-il, ils s’apercevront vite que ce n’est rien. »
En effet, les gardes reprirent très vite leur place, et écrivirent un rapport comme quoi les prisonniers se faisaient un sauna dans la salle des machines.
Paul et son ami circulaient librement dans le bateau. Visiblement, personne ne s’était aperçu de leur évasion, et le bateau était moins grand qu’il n’y paraissait. Retrouver les deux autres ne serait donc pas très difficile. Lorsqu’ils entrèrent dans les cuisines, ils trouvèrent deux cuisiniers en folie contre Trivol :
« —Ce n’est pas vrai ! S’énervait l’un.
—Il a mangé toutes les provisions du bateau ! Criait l’autre »
Trivol, ravi de revoir Paul, le rejoignit en disant : « Je ne peux rien avaler de plus ! » Les Elfes Magiques avaient-ils un si grand appétit ? En tous cas, ils quittèrent les deux cuisiniers qui se préparaient une excuse valable pour leur Général, et Paul présenta son pirate à l’Elfe.
« —J’ai entendu où se trouvait Olivia, dit Trivol. »
Ils trouvèrent vite le chemin, jusqu'à la cabine du neveu du général, mais elle était gardée. Trivol leur cria : « Vite ! Des rats ont mangé toutes les réserves du bateau !
—Des rats ? Demanda l’un des gardes.
—Qu’est-ce que nous allons devenir ? » Et ils partirent tous les deux en direction des cuisines pour constater les dégâts.
« —Des rats, dit Paul en regardant l’Elfe hilare. Des rats, hein ? » Trivol sortit de sa crise de rire pour rentrer dans la cabine. Il s’y trouvait leurs armes confisquées, le neveu, et Olivia. Le sous commandant essayait d’en faire son esclave personnel, mais elle passait son temps à l’insulter et à lui en faire vivre des dures. Olivia se rappelait de ses crises contre son père, et elle avait l’habitude de crier bien plus fort que son interlocuteur. On pouvait voir sur une table un verre ayant été rempli et vidé plusieurs fois, et un tube d’aspirine vide à coté.
Olivia rejoint ses amis mais n’eut pas le temps de leur parler : un garde arriva, avec le capitaine du bateau, le Général Neslie lui-même.
« —L’empire nous attaque, dit l’oncle. Il faut préparer les hommes à la bataille.
—Quoi ? S’exclama son neveu, nous contre une flotte de l’Empire ? On n’a aucune chance ! Il vaut mieux nous rendre !
—Pas question ! Nous nous battrons jusqu’au dernier ! » Cria le général, sans même avoir vu les trois enfants et le pirate évadés. Les hommes avaient entendu cette phrase, et une clameur s’éleva d’au-dehors :
« —Nous nous rendons ! Nous nous rendons !
—Quelle bande de lâches ! »

Méka - no


Bref, le bateau fut envahi par les gardes de l’Empire. Tous les navigateurs et ex - soldats de défense étaient prisonniers et contents de l’être. Le pirate et les trois aventuriers, qui avaient étés ignorés jusque là, s’avancèrent vers le chef de la troupe ennemi pour leurs montrer ce qu’ils savaient faire contre de minables Empiriens (il est vrai qu’avec les pouvoirs qu’ils avaient obtenus, ils se sentaient invincibles. De plus, ils avaient récupéré leurs armes —magiques— et ils se sentaient d’attaque).
Mais le chef ennemi n’était pas un chef comme les autres ... C’était Méka !
« —Ravi de vous voir une deuxième fois, leur dit-il. Il est vrai que nous n’avions pas eu tellement le temps de discuter à notre première rencontre. Sauf que cette fois, j’ai un avantage. On va se faire un petit combat, et je vous montrerai que même l’énergie Mana n’est rien contre ma nouvelle armure de combat : Mékano ! » Aussi sec, tout un attirail volant apparut, et Méka, vêtu d’une armure, l’enfourcha.
Le pirate resta en arrière pendant que les combattants sautèrent hors du bateau pour se battre sur le sable. Son armure-robot le rendait beaucoup plus rapide, et il se servait de son appareil pour essayer d’écraser ses adversaires. Mais après tout, ce n’était qu’un tas de ferraille, et après avoir combattu Martofou, ils connaissaient la technique. Trivol lui envoya de la pluie acide, mais Méka semblait rire sous son Mékano.
« —Il doit être antirouille, dit Paul. Essaie autre chose ! » L’Elfe pensa à Sylphide, et utilisa la foudre. Cette fois, Mékano fut paralysé pendant un certain moment et de la fumée sortit d’un peu partout. Il devait y avoir eu une surcharge. Olivia leur envoya la magie du sabre foudre, et, essayant quelque chose de nouveau, elle donna, à Méka, la magie du sabre glace. Trivol compris tout de suite pourquoi elle avait fait ça. Il envoya encore la foudre sur Méka lorsqu’il brandit son arme (une sorte de pique accrochée au flanc de l’appareil), l’Elfe envoya toute la puissance possible de la Foudre.
La machine volante explosa sous la décharge électrique multipliée par l’eau. Méka dans son armure fut projeté sur le sable. Paul profita de l’occasion et sauta sur lui. Au vol, il fracassa l’armure à coups d’épée, et lui fit sauter son casque en lui tranchant la tête. Mais il y avait un problème. Il ne lui avait pas tranché la tête. Il n’y avait pas de tête. Il n’y avait pas de corps non plus. L’armure était vide.
Ils se tournèrent tous vers le bateau. Méka les regardait, à la fois heureux du tour qu’il leur avait joué, et à la fois exaspéré par la défaite de son robot.
« —On peut le commander à distance ! Mais si j’étais à l’intérieur, vous auriez perdu. En tout cas, n’espérez pas récupérer la graine du palais de l’Eau ! » Ses troupes s’étaient déjà repliées sur leur bateau, et d’un saut, Méka les rejoint. La flotte de l’Empire s’en alla et ils ne purent rien faire. On les aida à remonter sur le bateau.
Mais l’Empire avait saboté le bateau et volé —à défaut des vivres qui avaient été mystérieusement mangées par des rats— tout ce qui pouvait servir à bord. Neslie avait juste eu le temps d’envoyer un appel de secours. On pardonna aux trois enfant qui étaient héros. Neslie engueulait sans modérations son neveux :
« —Le chevalier légendaire, crétin ! Tu n’as donc pas vu cette Épée ? Comment peut-on être aussi idiot ? Le sauveur du monde vient, et on le met aux fer ! Regarde ! Il a même écrasé une machine de Méka de l’Empire ! » Ce Méka bénéficiait d’une réputation d’invaincu. Le bateau de secours les envoya à Kakkara.

Kakkara et la graine volé

Kakkara était un petit village perdu dans l’immensité du Désert du même nom. Construit autour du seul oasis connu dans le désert de Kakkara, il y faisait très chaud et sec. On se demandait un peu pourquoi les gens avaient colonisé cet endroit. De plus, pour la première fois, le petit lac était à sec. Le roi Homard, chef du coin, disait qu’il fallait une « Queue de lièvre ».
On leur dit aussi que la graine du Feu, qui est normalement supposé être dans le château de Feu, a été volée. Donc, il n’y avait plus d’intérêt à aller au Château du Feu. Bref, non seulement, ils ont été détournés durant leur trajet vers ce désert, mais en plus, ce voyage n’a servi à rien. Certaines rumeurs prétendaient qu’elle pouvait se trouver dans le château de la Glace, à Polaira. L’agence Canon était aussi installée dans ce coin perdu. Le frère Canon s’excusa d’abord pour l’erreur commise lors de leur dernier voyage et leur proposa même le remboursement. Puis il les envoya à Polaira, l’autre extrême de Mana, le désert de glace, les infinies neigeuses.

Polaira

Tout était calme et tranquille dans un froid glacial. Le village de Polaira était accueillant, mais les habitants se plaignaient d’une « chaleur » étouffante depuis quelques semaines. En effet, la température était monté au-dessus de zéro, ce qui était un véritable record (pour Polaira).
Les trois aventuriers se reposèrent et partirent pour le Château de Glace. Suivant une carte (en solde), et munis de leurs armes magiques, Paul, Olivia et Trivol marchèrent dans les forêts de sapins pas très accueillantes. Et oui, car ces étendues de glaces étaient aussi perturbés par la force noire de Mana : loups affamés dotés de pouvoirs magiques et tortues munies de lances s’attaquaient à tout ce qui bougeait. Chemin faisant, ils se trouvèrent au tournant d’un arbre face à face avec un renne au nez rouge.
« —Au secours, dit-il, aidez-moi ! » Et en plus il parle.
« —De quoi as-tu peur, lui demanda Olivia, que plus rien ne pouvait étonner.
—C’est plutôt dangereux de vivre dans une forêt pleine de loups, expliqua Trivol.
—Je n’ai rien à craindre des loups, dit-il » Et d’un coup, la foret disparut autour d’eux pour laisser place à un intérieur de maison. Une maison magique ! Pratique.
« —Dès que je vous ai senti, j’ai su que vous aviez le cœur pur, dit-il.
—(Ah bon ? On a le cœur pur ?)
—Je suis Rudolphe, le renne principal du Père Noël, qui a disparu. Je suis sûr qu’il est prisonnier dans le Château de Glace. Il se passe des trucs bizarres. La température monte anormalement, et mon maître a disparu !
—Attends, attends. T’es en train de dire purement et simplement que t’es le renne au Père Noël ? Donc il existe.
—Ben oui.
—Bon d’accord. On va le ramener, fait nous confiance. »
La maison disparut, et le renne aussi, d’ailleurs. Ils purent reprendre leur route.
« —Vous le saviez que le Père Noël existait ?
—Pourquoi pas ? Il y a bien un renne avec des pouvoirs magiques. » Ils ne purent continuer la conversation : sortie de la terre, ressemblant fort au monstre du hameau Nani (Tropicallo), une plante tel un ananas, avec toujours une racine empoisonnée à sa suite, le second de Tropicallo, Boréalia, le monstre géant végétal du froid, apparue. Paul bondit, et au moment même où Boréalia sortit de sa carapace épineuse, il lui donna un coup d’épée dans les vaisseaux conducteurs. Pas de temps à perdre.
Trivol savait que l’arme la plus dangereuse de ce monstre était les projectiles explosifs qu’il crachait. Il lui donna donc un coup de fouet chargé, et ensuite l’étrangla en entourant son cou de son fouet. Impossibilité de cracher quoi que soit ! Boréalia voulut rentrer à nouveau dans sa carapace protectrice, mais en tirant sur son fouet, l’Elfe l’en empêcha. Olivia commença à couper la plante comme un bûcheron, avec sa hache. Mais le monstre ne s’avouait pas vaincu, et Flagellum, son aide, sorti d’un coup de la terre glacée, se multiplia en une dizaine de branches. Toutes ces têtes empoisonnées se dirigèrent vers leurs trois ennemis. La moitié d’entre elles se firent décapiter, mais certaines mordirent Trivol qui avait les mains occupées.
Paul, avec son épée chargée finit le travail d’Olivia, et Boréalia éclata en morceaux. Olivia fit sur Trivol sa magie d’Ondine « Remède ». Trivol se réveilla tout de suite, et d’un coup de fouet, il attrapa les têtes de Flagelum qui restaient. Comme elles ne faisaient pas partie de Boréalia, elles étaient encore vivantes, mais sans leur maîtres, elles étaient déboussolés. Heureux de pouvoir se venger, l’Elfe leur envoya à toutes à la fois le « pompe énergie ». Il avait fait cette magie avec tant de force, qu’il puisa toute l’énergie des créatures végétales qui se desséchèrent.

Un paradis

Juste derrière l’aire de combat, un petit passage emmena à... un paradis. D’un coup, toute la végétation était verte, il y avait des pierres par terre pour ne pas marcher sur le gazon. On y voyait des tas de touristes, un hôtel, et des marchands de cartes postales. Il y faisait chaud.
« —Comment cet endroit touristique est-il arrivé là ? S’étonna Olivia.
—Oh, remarqua Trivol, ce type là-bas, il ne vous rappelle rien ?
—C’est l’un des deux « garçons » qui étaient avec celui qui a volé la graine de l’Eau.
—Oui, pour leur robot, je me souviens.
—Ils ont fui juste après qu’on l’ait détruit. Si on allait lui parler ? »
Ils s’approchèrent de lui. Il était perché sur une petite butte, en garde à côté d’un fourneau (Il fait chaud ici. Quel intérêt y a-t-il à allumer un fourneau ?). Si les trois héros l’avaient reconnu, il semblait que lui n’ait aucun souvenir d’eux :
« —Bonjour, bienvenue à Tropica, le paradis terrestre. Vous avez réservé ?
—Heu non, en fait...
—Je vais vous chercher une feuille d’inscription. Ce n’est pas (très) cher ici. Dites, en attendant, vous pourriez surveiller ce fourneau ? S’il y a du bruit, donnez un coup de pied. » Il se dirigea vers un bâtiment. Ils se retrouvèrent à surveiller ce poêle.
« —J’ai comme l’impression que quelque chose tape à l’intérieur du fourneau.
—On donne un coup de pied ?
—Attend, dit Olivia. Je vais voir ce que c’est. » Elle fit la magie d’analyse. La réponse fut : « Athanor » Rien d’autre.
« —Athanor, attends... Dit Paul. Je me souviens ! C’est le maître de la magie du Feu ! Ouvre le fourneau ! » Trivol ouvrit la porte. Il n’y avait ni braises ni flammes à l’intérieur. Mais un personnage rouge tenant une allumette à la main en sortit. Le fourneau s’éteint.
« —Merci ! Je suis Athanor, l’esprit du Feu ! Profitant que quelqu’un avait pris ma graine et me retrouvant sans pouvoirs, ces idiots m’utilisaient comme chauffage ! Je vais vous donner ma magie. » Trivol et Olivia commençaient à en avoir l’habitude, maintenant. Olivia reçut la magie du sabre Feu, et deux magies destructrices (Tiens, il y a un changement.) : l’incendie et le mur de Feu. Trivol reçut trois magies d’attaque : la boule de Feu, l’explosion, et la lave.
Athanor disparut, et il commença à faire froid. L’herbe se gelait, et les arbres perdirent leurs feuilles. C’était donc ça ! Les trois hommes avaient utilisés Athanor pour chauffer leur paradis, et c’est pour ça que les habitants de la ville de Polaira se plaignaient de la chaleur. Tous les touristes se plaignirent à l’accueil, et le chef et ses deux hommes se ruèrent vers le fourneau.
« —C’est encore vous ! Quel idiot ! Tu ne les a donc pas reconnus ? —Bah, non chef, j’savais pas...
—Vous, vous...
—Oui, nous, dit Paul, et s’il y a un problème, on peut le régler tout de suite » Il sortit son épée qu’il commença à charger. Celle-ci changea de couleur, comme ça arrive lorsqu’on charge une arme magique. Elle passa du gris fer au rouge feu, puis au jaune. Un petit halo se fit autour le l’arme. Paul savait que ça les impressionnerait.
Les trois hommes fuirent, et Paul déchargea l’Épée juste derrière eux, sur le fourneau qui éclata en morceaux. « En route pour le Palais de la Glace, dit il. »
Le chemin se passa plus facilement avec la magie du Feu contre ces animaux habitués au froid. Les loups fuyaient devant ces flammes magiques. Le Palais de la Glace n’était pas un véritable Palais pour élément. C’était une imitation. Les monstres gardiens n’offraient presque pas de résistance contre la magie du Feu, et très vite ils arrivèrent vers la salle principale, dans laquelle régnait Mégaglace (que Paul avait tout de suite reconnu) et il ne semblait pas aimer ces intrus.
Il n’y a en fait rien à dire sur ce combat. Le royaume du froid était tellement sensible à la magie d’Athanor, qu’en quelques coups de boules de feu, et d’explosions, Trivol en vint vite à bout. Comme d’habitude, ils arrivèrent vers la deuxième salle, mais dans celle-ci, il n’y avait pas de pyramide (c’est normal, il n’y a ni graine ni magie de glace. Ce palais ne contient pas la puissance d’un élément). Par contre il se trouvait un vieil homme vêtu de rouge.
« —Enfin, des jeunes gens pour me délivrer. Je vous remercie.
—Vous êtes... Le Père Noël ?
—Oui.
—Pourquoi êtes-vous ici ?
—C’est un peu de ma faute. Voyez-vous, j’ai remarqué que les enfants croyaient de moins en moins à Noël.
—(Oui... On fait partie de ceux-là. Enfin on faisait. Parce qu’on a vu deux, trois trucs, qui, dernièrement, nous ont convaincu.)
—Et on disait qu’une graine Mana pouvait faire pousser un arbre en une seconde ! Je voulais faire pousser le plus grand des sapins. Un sapin qui se verrait à des milliers de kilomètres à la ronde. Qui redonnerait aux enfants l’idée de Noël. Voilà. C’est pourquoi j’ai volé la graine mana du palais du Feu.
—(Ah bon ? C’était lui !)
—Mais à mon retour je fus capturé par ce monstre. Et j’ai bien essayé d’utiliser la graine Mana, mais ses pouvoirs n’ont pas l’air de marcher.
—Il faut la raviver. Mais vous savez qu’à cause de la disparition de la graine, le village de Kakkara est privé d’eau ?
—Je suis désolé. Je ne savais pas. Je vous rends cette graine. »
Les trois amis la prirent pour la replacer au château du Feu, et en sortant du palais, le Père Noël fit apparaître sa maison autour d’eux. Le renne fut très heureux de voir son maître de nouveau. Lorsque la maison disparut, les trois héros eurent la surprise de se retrouver dans le village de Polaira. Quel pratique moyen de voyager, cette maison !

Le Palais du Feu

Ils prirent l’agence canon qui leur promit de ne plus faire d’erreur cette fois. Après une détonation, les trois aventuriers se retrouvèrent à voler jusqu'à mille mètres de hauteur, et retombèrent sur le trampoline d’atterrissage. Paul et ses amis prirent un peu de repos, et partirent pour le Château de Feu. Ils savaient que se serait plus difficile que le château de glace, qui n’était qu’une imitation des Châteaux des éléments.
Heureusement, la magie de l’Eau était assez efficace contre les mygales géantes et les scorpions du désert. Ils arrivèrent sans trop d’encombres au Palais du Feu. L’intérieur était hanté de nuages rouges, d’archers qui rappelaient ceux de la forêt de la sorcière. Heureusement, le palais était loin d’être un labyrinthe, et ils arrivèrent vite à la salle dans laquelle se trouvait la pyramide.
« —Replace la graine, Paul.
—Ce n’est pas normal, pourquoi n’y a-t-il pas de monstre géant pour garder cet endroit ?
—Tant mieux, replace-la.
—Bizarre, tout de même. » Dit Paul, en replaçant la graine de Feu sur l’estrade. Après l’avoir placée, il voulut la sceller avec son épée, mais il n’en eut pas le temps. Un monstre géant, espèce de Minotaure, surgit. En tapant par terre avec ses pieds, il fit perdre l’équilibre à Paul, qui tomba.
« —C’est très gentil à vous, de m’avoir ramené cette graine. Mais maintenant, vous ne reviendrez jamais ! »
Paul se précipita vers la graine Mana pour la sceller, mais une force invisible l’empêcha de monter sur la pyramide.
« —Inutile de te fatiguer, je contrôle les pouvoirs de la graine, maintenant qu’elle est à sa place.
—(Je vois. Au même titre que Lucie, ce monstre est devenu le protecteur du Palais.)
—Adieu ! »
Les cornes du Minotaure se mirent à prendre des proportions gigantesques, et il chargea sur ses ennemis. Mais maintenant, Trivol, Olivia et Paul étaient habitués à ce genre de combat. La magie d’Ondine arrivait à peine à le ralentir. Pourtant Sylphide leurs avait dit que cette magie était la plus efficace. Olivia s’empressa de rendre leurs armes magiques en armes magiques de l’Eau.
Trivol passa à l’action. Il sauta par dessus le monstre pendant qu’il le chargeait, et d’un coup de fouet, il attacha les deux cornes du taureau. Mais le Minotaure le fit tournoyer autour de lui au bout de son fouet. Olivia lui donna la magie « défense ». Et c’est protégé que Trivol put rebondir sur le mur, tirant le fouet derrière lui, et faisant basculer le monstre. La hache chargée d’Olivia rencontra le corps du monstre, faisant une explosion.
Une fumée obscurcit un peu la salle, et le Minotaure se releva lentement et difficilement. Il utilisa ses pouvoirs magiques qui se révélèrent êtres ceux du Gnome. Un projectile de boue s’abattit sur Trivol. « —Ah, bon, tu veux jouer à ça ? » Et l’Elfe répondit par le « Lierre », du Gnome. Sortant du sol pourtant dallé, une plante poussa juste sous le monstre géant. Le lierre vint s’accrocher aux jambes de leur ennemi.
Il s’arracha un pied de la plante qui l’immobilisait, et commença à décrocher l’autre, pendant que la plante se ré - attachait au premier... Une triple attaque d’arme chargée lui tomba dessus. Minotaure fut fouetté, découpé, haché, et explosé. En trois morceaux, qui partirent dans les murs, pour exploser en final. Une sphère d’arme apparut dans la végétation de lierre, qui, ayant fini son travail, disparut.

La graine fut scellée, et la sphère d’arme fut récupérée. Petit récapitulatif : les Graines de l’Eau, de la Terre, du Vent et du Feu étaient scellées, la graine de l’Eau avait été volée par Méka, et il restait encore les Graines de la Lumière, de l’Ombre, de la Lune et de l’Arbre à sceller.


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