La fin de l’Empire



Nordia - Sudia


Pour forger leurs armes, et prendre quelques nouvelles de Pandore, Paul et ses deux amis partirent au hameau Nani. L’ancien fut heureux de les revoir, triste que le village les Elfes Magiques soit détruit, et leur apprit les nouvelles : « —Une mauvaise nouvelle, l’Empire est aussi passé par ici. Un bonhomme qui s’appelait Rambo est venu et a pris la Graine du Palais de la Terre. Même le Gnome n’a pu rien faire. Il était protégé par une magie extérieure. Jean est parti dans tout le pays pour parler de vous, et pour trouver des partisans contre l’Empire et pour Mana. Dites, je sais que vous avez beaucoup de travail, mais j’aimerais que vous passiez par l’Empire pour arrêter toutes ces magouilles. Ils jouent trop avec la magie de Mana. Il faut dire que Thanatos est avec eux... Jean vous aidera, il est avec les rebelles, et vous pourrez le joindre dans la ville principale de l’Empire : Nordia. L’Empire possède Nordia, Sudia, qui est un village aparenté, et l’île Dorée, un endroit que vous feriez bien de visiter aussi. L’agence Canon rallie Sudia et Pandore. Profitez de la baisse des tarifs. Et mon conseil...
—(Ce doit être le genre de conseil que le sage donne seulement à ceux qui valent le coup, le genre d’idée qui doit changer la vie... Pensa Paul)
—Prenez une carte de fidélité, ça paye, au bout d’un moment.
—(Ah, bon, d’accord...) Merci. »
En un coup de canon, ils se retrouvèrent dans Sudia. Comment entrer en contact avec ces rebelles ? Mais déjà, des gens les avaient repérés. Des gardes de l’Empire. Si on avait dit partout que le chevalier légendaire était là, on l’avait aussi décrit, et tous les gardes se jetèrent sur eux, pour récupérer la prime. Olivia utilisa la magie de Sylphide « Ballon », et tous leurs ennemis se retrouvèrent pendu à des ballons à l’hélium, sans pouvoir s’en débarrasser. Paul et Trivol la félicitèrent pour cette technique efficace et non-violente.
La deuxième personne à les apercevoir fut un particulier qui balayait le perron de sa maison :
« —C’est pratique, votre truc, pour quand les agents du fisc viennent. Je croyais que tous les Elfes Magiques avaient été tués par l’Empire.
—C’est vrai, répondit Olivia. Mais je ne suis pas une Elfe.
—Comment avez-vous pu recevoir la magie du Vent, alors ? Ne niez pas, je sais que c’est Sylphide.
—Mais... Je...
—J’en suis un, dit Trivol. Et la Magie de Sylphide nous a été donnée à tout les deux par mon grand-père !
—Je sais, ne vous énervez pas. Je voulais juste voir comment vous réagiriez. Vous pouvez entrer, Paul, Olivia et Trivol. »
Quoi ? Elle nous connaît ? Mais qui est-elle ? Elle s’appelait Marie, et son mari travaillait pour les rebelles, dans les renseignements, et il lui disait tout. Ils parlèrent un peu, et elle les accompagna jusqu'à Nordia. Les deux villes étaient séparées par un petit bois, et on les rejoignait par un chemin. Le Q.G. de la rébellion était une grande maison au milieu de la ville. Le Château de l’Empire se trouvait juste à côté de Nordia.
Ils rencontrèrent les rebelles, leur chef Lola, et Jean ! Ils préparaient des plans d’attaques contre l’Empire, qu’à chaque fois Jean rejetait, disant que la puissance des hommes de main de l’Empereur était trop grande. « L’Empereur en lui-même n’est pas très dangereux. Mais Méka, Rambo et Schwarzy, ses trois gardes du corps sont très puissants. Vous en avez vu un à l’œuvre... Et vous savez que la Graine du palais du Feu a aussi été récupérée ? Pourtant, les Graines n’ont de la puissance que dans leurs Palais... De plus, ils ont aussi essayé de récupérer celle du Palais du Vent, mais un Elfe Magique les a repoussés. (Ce brave grand-père) Ils n’essaient pas de prendre celles que vous n’avez pas encore scellées. C’est Bizarre... »
« —Mais très dangereux. Continua-t-il. Si c’est vraiment ce que je pense, nous allons avoir de très gros problèmes !
—C’est incroyable, dit un rebelle qui venait d’arriver, l’Empereur propose une trêve ! Il veut qu’on discute pour la paix !
—C’est certainement un piège.
—Pas sûrement. L’Empereur a compris ce que nous voulions. Je pense que nous pouvons discuter avec lui.
—Bien, mais nous demeurerons armés. »

Le piège de L’Empereur

Ils partirent en direction du château. Des gardes de l’Empire les escortèrent jusqu'à une salle prévue pour la discussion. L’empereur était là. Sans aucun garde autour. Les autres gardes s’en allèrent. Les principaux chefs de la rébellion, Jean, Paul, Trivol et Olivia se retrouvèrent face à face avec l’Empereur.
« —Ah, ah, ah ! Ricana-t-il. Quel merveilleux coup de filet ! La rébellion et le Chevalier légendaire pris d’un seul coup ! » Tout de suite, Lola et les rebelles se mirent en position de défense, et nos quatre amis sortirent leurs épées, fouet et hache. Du côté de l’Empereur, Méka, Rambo et Schwarzy firent leurs apparitions. Paul était prêt à combattre, mais Jean l’interdit d’approcher.
« —Pourquoi ? Répondit-il. Nous sommes les quatre meilleurs combattants de Mana, non ? Ils sont les trois meilleurs combattants de l’Empereur, non ? Alors quatre contre trois. Sus à l’ennemis !
—Ne dit pas de bêtise, Paul. Ils sont bien meilleurs que toi. De plus... Thanatos. Je sais que tu es là. Sors de ta cachette. » Thanatos apparut.
« —Oui, que veux-tu ?
—Je veux savoir. Avec les Graines Mana, tu n’espères quand même pas faire ce que je pense, non ?
—Si tu veux réellement savoir, SI !
—C’est impossible ! Tu le sais bien !
—Emmenez-les. » On envoya les Rebelles en prison, et les quatre héros furent jetés dans une arène, à l’extérieur.
« —Tu veux jeter les lions ? demanda Jean à l’Empereur. Tu vas être déçu !
—Je n’ai pas de lions. Nous avons mangé le dernier lors du banquet annuel de l’anniversaire de Michael Jackson il y a un mois. Mais par contre, j’ai un monstre né de la puissance de Mana qu’ont capturé Rambo et Méka. Il n’a rien mangé depuis une semaine. Vous pensez s’il est énervé ! On a dû reconstruire les murs de sa cage plusieurs dizaines de fois. Lâchez la bête ! »
Quelqu’un, avec de multiples précautions, ouvrit la porte de la cage en s’aidant d’une longue perche. A peine eut-il débloqué le loquet qu’il remonta la perche très vite. La porte explosa en morceau, et le monstre sortit : Métamantides. La réplique presque parfaite de Mantides, que Paul avait tué avec l’aide de Jean, à ceci près que Métamantides est beaucoup plus puissant que l’autre !
Mais Jean savait que même ce monstre n’était pas de taille face à eux. Les trois gardes du corps étaient prêt à combattre au cas où l’un d’entre eux arriverait à faire un saut de dix mètres de haut pour s’échapper (peu probable, diriez-vous. Mais il ne faut prendre aucun risque).
La fourmi géante, équipée de lames tranchantes à chacune de ses pattes, sauta sur Olivia, qui fit un bond en arrière, et lui donna un coup de hache. La fourmi recula et se pris un coup de fouet chargé par Trivol. Pendant que Paul chargeait son épée, Jean sauta entre les lames de Métamantides et atterrit sur sa tête. Il enfonça son épée entre les deux yeux du monstre géant.
Aveuglée et très énervée, la fourmi courait dans tous les sens, en se donnant des coups sur la tête pour tuer son agresseur, qui n’était plus là. En enroulant son fouet à une de ses jambes, Trivol fit tomber la fourmi. L’épée chargée au maximum, et envoyant toute sa force, Paul se jeta sur le ventre de la fourmi pour le coup final. Qui n’arriva pas. Un garde du corps de l’Empereur envoya une magie qui paralysa Paul à un mètre du sol. Puis il envoya une magie au monstre.
« —Ils aident Métamantides !
—Je savais qu’ils nous donneraient un peu plus de difficulté, dit Jean. Il est temps qu’ils en aient aussi ! » la fourmi se relevait déjà, en pleine forme. « —Olivia, fait le ballon, de Sylphide ! » Elle obéit et Jean renforça cette magie avec ses propres pouvoirs (qui apparurent êtres ceux d’Ondine, mais ils n’étaient pas les mêmes que ceux de Trivol et Olivia). Le monstre géant se retrouva en lévitation. Mais cela n’allait durer pas plus de quelques secondes, car les hommes de l’Empereur passaient leur temps à faire de la contre-magie que Jean avait bien du mal à repousser. Heureusement que Thanatos ne se mettait pas de la partie !
D’un coup, Jean sauta en dessous de la fourmi, et, utilisant toutes ses forces il envoya la fourmi dans les gradins, à côté de l’Empereur. Le monstre changea aussitôt de cible, et se dirigea vers le monarque.
Rambo « —Tuez-la ! Vite ! » Rambo réagit tout de suite et sauta vers le monstre. D’un seul coup de pied, il l’envoya s’écraser sur les murs du château, à trente mètres de là. Il sauta vers son adversaire, en dégainant son arme (une espèce de Hache à double tranchant avec une lame en haut et en bas de la garde) qu’il fit tournoyer autour de lui. Il arriva au milieu de la fourmi et la trancha en deux, puis elle explosa.
Paul fut époustouflé par cette magnifique prestation. L’Empereur s’en alla des gradins : « Tuez-les ! » Il rentra dans le château, suivi par Thanatos. Dans le château, l’Empereur le questionna :
« —Pourquoi rentres-tu ? Tu pourrais les aider.
—Je ne veux pas que Paul meure. Il est important pour mes projets.
—A propos de projets, qu’est-ce que tu mijotes ? Jean de Tasnica avait l’air vraiment surpris quand tu lui as répondu positivement. Et je sais qu’il pense que ce que tu fais est impossible.
—Il me sous-estime.
—Pas plus que moi ! Je veux savoir ce que tu entreprends ! Et quelle est cette histoire le l’enfant de la tribu Mana que tu as pris ? Ne fais plus rien sans me prévenir à partir de maintenant !
—Voyons... Tu n’as plus confiance en moi ?... Aies confiance en moi... Aies confiance...
—Arrête... Tu veux m’hypnotiser ! Non...
—Je suis heureux que tu aies confiance en moi. Je vais m’occuper d’arrêter tes hommes. »

La trahison de Thanatos


Pendant ce temps, à l’extérieur, Rambo, Méka et Schwarzy étaient face à Paul, Jean, Olivia et Trivol. Méka était le seul à être pressé d’attaquer.
« —C’est beau ces armes magiques... Le fouet des Elfes magiques, l’Épée Mana, bien sûr... Et je ne connaît pas cette hache. Peut-être une nouvelle création du formidable Vulk ? C’est bien les armes magiques, hein ? C’est comme ça qu’on reconnaît les débutants. Ils ont besoin d’aide magique... »
Ne pouvant plus supporter ce discours, Paul fonça sur Méka en chargeant son épée. Il savait que Méka était plus fort que lui, mais espérait au moins détruire son épée qu’il utiliserait pour parer le coup. Il lui passa à côté en lui portant un coup, et, en effet, Méka para le coup en sortant son épée. Mais elle ne se brisa pas. Paul se retourna, surprit, derrière Méka.
« —C’est une arme construite il y a bien trois mille ans, forgée plusieurs centaines de fois, dernièrement par Vulk, à toute épreuve. Et elle en a vue d’autre. Tu vois ; bien que magique, ton épée n’est pas si formidable. Maintenant, regarde ce que ma lame peut faire, quand elle est bien utilisée ! » Méka brandit son épée, mais fut interrompu par Thanatos qui venait de sortir :
« —Ne les tue pas. Laisse-les partir. Et nous allons délivrer les rebelles, aussi.
—Qui t’a donné cet ordre, dit Méka, furieux ne pas pouvoir prendre sa revanche sur Jean. Qui t’a dit ça ? L’Empereur ? Il ne t’aurait jamais dit ça !
—L’Empereur n’est plus, dit Thanatos. Je suis désormais le seul maître à bord. » Rambo et Schwarzy se mirent au côté de Thanatos. Apparemment, ils avaient prévu depuis longtemps de trahir l’Empereur. Méka était fou de rage.
« —Tu n’as pas le droit ! Moi, Méka, je resterai toujours au côté de l’Empereur !
—Je le savais, dit thanatos. C’est pourquoi je ne t’ai pas inclus dans mon plan. Tuez-le ! » Méka se mit en garde, prêt à se défendre contre ses deux ennemis. Jean sortis lui aussi son épée, pour aider Méka, à la surprise des trois enfants.
« —Je n’ai pas besoin de toi, dit-il.
—Tu sais bien qu’ils vont te massacrer. Ce serait injuste.
—Et alors ? Je suis ton ennemi.
—Nous n’avons simplement pas les mêmes causes. Et j’aimerais bien me battre contre toi, un jour. »
Rambo sauta sur Jean, qui lui donna un coup d’épée pour parer son attaque, et en profitant du temps minuscule dont avait besoin son adversaire pour mettre pied à terre, il lui donna un coup sur la tête avec la garde de son épée. Rambo n’en était pas pour autant assommé. Il se retourna et lui donna un formidable coup de poing qui envoya Jean dans les gradins. Sortant son arme, comme il l’avait fait pour la fourmi, il se jeta sur son adversaire.
« —Il va le tuer ! » Trivol réagit en envoyant la foudre sur Rambo. Surpris par l’éclair, il tomba à terre. Schwarzy voulut entrer dans la bagarre, mais Thanatos l’arrêta d’un signe de main. Il lui montra Méka. En effet, ce dernier venait de monter sur une machine volante faisant penser à Mékano ! Il en avait construit une autre ! Il s’envola à une centaine de mètre de hauteur, en disant : « Sachez que je n’abandonnerai pas ! Vous entendrez parler de moi à nouveau ! » Et il disparut.
« —Bien, dit Thanatos. Je m’occuperais de lui plus tard. Voilà ce que je vous propose : je vous rend les rebelles, la liberté, et même Anna, si ça vous fait plaisir.
—Et Tom ? Demanda Olivia.
—Désolé, j’ai besoin de Tom. De toute façon, je tuerais Jean et l’Elfe Magique, que je juge dangereux. Et je ne vous donne pas le choix ! Adieu ! » Sur ce, il fit une magie inconnue, et Rambo, Schwarzy, Olivia, Paul et lui-même se retrouvèrent dans les airs. Sans pouvoir bouger, Paul et Olivia furent déposés dans Nordia, et remarquèrent les rebelles qui étaient aussi entraînés vers leur QG. Parmi eux se trouvait Anna. Elle avait du être enfermée dans la même prison.
Thanatos et ses deux hommes partirent vers l’horizon. En regardant le château, Paul crut voir quelque chose de bizarre : les pierres semblaient prendre une étrange teinte rouge. Mais... Thanatos était en train de détruire le château ! Et Trivol et Jean avec ! Et ils étaient toujours paralysés, ils ne pouvaient rien faire...
Le château se consumait sans flammes, et les tourelles commençaient à tomber. Les gardes de l’Empereurs sortaient par les issues de secours. A certains endroits, où devaient être entreposés des explosifs, on entendait des détonations, et des pierres volaient hors de l’enceinte du château. Les murs tombaient, les derniers hommes partaient, en criant, puis les murs s’écroulèrent.

Flammy

Le premier mouvement que fit Olivia lorsqu’elle put bouger à nouveau fut de fondre en larmes. Le château était détruit, et Trivol et Jean avec, sans être capable de pouvoir s’enfuir. Ils ne pouvaient sauter les murs, tant la hauteur était grande, et n’avaient aucune sortie de secours. Il ne leurs restait qu’une seule voie, au dessus des flammes, c’était le ciel bleu. En effet, pendant que le château surchauffait, Trivol et Jean cherchaient un moyen de s’enfuir.
Les murs tremblaient et cela semblait être la fin. Jean rassemblait toutes ses forces et sa magie pour détruire le mur qui les empêchait d’entrer dans le château, pour qu’ils puissent descendre par les escaliers. Trivol utilisait la magie d’Ondine au maximum, pour stopper les murs qui chauffaient de plus en plus. Mais les pouvoirs de Thanatos étaient réellement supérieurs aux siens. Trivol continua avec toutes les magies qu’il connaissait, la foudre, la lave, la boue... Jean venait de détruire la moitié du mur pour se rendre compte que derrière se trouvait une masse d’énergie destructrice. Thanatos n’avait rien laissé au hasard... L’issue n’existait plus. Thanatos avait décidé de les détruire une fois pour toutes. Ensuite viendrait le tour de Méka, et quand il n’en aurait plus besoin, il supprimerait Paul.
Et, alors que tout semblait perdu, un cri passa à travers les flammes. Jean reconnut le rugissement des dragons que l’on voyait parfois voler au dessus de la forêt des quatre saisons. Trivol reconnut aussi ce cri. C’était celui qui perçait les pierres de la grotte du grand dragon blanc lorsqu’ils avaient combattu le ver géant, c’était le cri de la monture du chevalier légendaire, c’était ce qu’on entendait dans la salle du trône du roi Truffe, c’était le Grand Dragon Blanc, c’était Flammy !
Trivol leva les yeux. Dans le ciel bleu entouré de la fumée du château en feu, une forme bougeait. C’était comme les dragons que l’on pouvait voir dans la forêt. Mais en bien plus grand. Celui-là devait mesurer une vingtaine de mètres ! L’animal se rapprochait. Jean reconnut lui aussi le dernier Dragon Blanc, élevé dans le secret dans le château du roi Truffe, pour qu’il soit en sécurité. Flammy atterrit sur la terrasse. La chaleur du feu ne lui faisait absolument rien. Le roi truffe le chevauchait. Le petit champignon leur dit de monter. Trivol se retrouva en un saut sur le dos du dragon. Il faut dire que les semelles de ses chaussures commençaient à fondre.
Ils s’envolèrent dans les airs, et s’échappèrent du château par le ciel. La seule voie de libre.
« —Vous avez vu comme il a grandi ? Demanda le roi Truffe. Il a battu le record du plus gros repas le jour de ses trois semaines. Il a même mangé des champignons géants qui abritaient notre village.
—Tu nous as sauvés, dit Jean. Je te remercie.
—Il vous a sauvés. Je n’y suis pour rien. Il doit avoir une très bonne ouïe, parce qu’il est parti d’un coup, j’ai à peine eu le temps de l’enfourcher, pour savoir où il allait. Le pauvre ! Alors qu’il ne s’était jamais éloigné des hauts pays pour ses exercices de vol, là, il est allé directement vers Nordia. C’est sûr qu’il savait que vous étiez en danger. » Le château explosa, et les cendres retombèrent, après avoir été envoyés dans tous les sens.
Le dragon faisait du surplace à cent mètres au dessus des ruines du château. L’Elfe lui demanda de se poser au QG de la résistance, et Flammy s’y posa tout de suite. Dans un claquement d’ailes, Flammy mit patte à terre, sur la place de Nordia. Pour les habitants de Nordia, c’étaient des émotions : non seulement le château de l’Empereur venait d’être mystérieusement détruit, mais en plus, un Grand Dragon Blanc venait de se poser sur la grand place !
Paul, à l'intérieur du bâtiment, regarda par la fenêtre pour voir d’où venaient les clameurs des villageois, dehors. Quelque chose était sur la place. « Bon sang, Olivia, viens voir ! »

Adoration

Au milieu de la foule curieuse, se tenait Flammy, qui avait grandi de plusieurs mètres, et dessus se tenaient Jean, Trivol et le roi Truffe !
« —Le monde va changer, cria Jean à la foule. La magie de Mana va être rénovée, l’Empereur est mort, trahit par Thanatos. L’Empire s’en va, et la paix va bientôt revenir sur Terre. Sont les nouveau héros de Mana : Trivol, le dernier Elfe Magique, qui conservera le Pouvoir de Mana. » En disant ces mots, Jean utilisa une magie (d’optique, sans doute) qui donna l’impression que l’Elfe s’envolait au dessus de la foule, et qu’il grandissait. On le voyait mieux. Paul sauta par la fenêtre et courut jusqu’au dragon. Olivia le suivit, et Lola passa par la porte (comme tout le monde) et se fraya un passage dans la foule.
« —J’aimerais aussi vous présenter le Chevalier Mana, celui qui détruira à jamais les forces du mal de Mana. » Paul sauta au dessus des gens pour passer, et dans son saut, Jean le rattrapa magiquement, et il vola vers le Grand Dragon Blanc. Une fois dessus, il brandit son épée Magique, qu’il chargea, car ça faisait changer la lame de couleur, effet qui impressionnait toujours les gens. Le même effet d’optique s’appliqua aussi sur lui. Très jalouse de ne pas être parmi eux, Olivia glissait entre les jambes des gens, utilisait la maîtrise qu’elle avait acquise en utilisant sa hache magique et passait très rapidement entre les passants qui ne s’en rendaient même pas compte.
Lola s’avançait toujours dans la foule, poussée par la curiosité.
« —Enfin, l’héroïne de ce trio qui se bat pour la liberté, voici Olivia, la fille du roi de Pandore, et l’amie de l’enfant de Mana qui a été enlevée par Thanatos. Aidez-la à le sauver ! » Olivia venait juste d’arriver à la hauteur du dragon, et elle reçut la même dose d’effet magique. Lola s’avançait toujours. Les gens les acclamaient. Jean continua son discours, sur un ton plus triste :
« —Je vous ai dit que L’Empereur avait été trahi. Unissons-nous avec les autres royaumes, et combattons la seule personne qui est responsable de tout ceci : Thanatos ! Il vous faut quelqu’un pour remplacer le chef de l’Empire. Quelqu’un qui connaît toutes les affaires de ce pays. Quelqu’un qui a toujours combattu pour la vérité : Lola ! » Son espoir n’était pas déçu. Elle qui avait toujours combattu pour ce pays, à la suite de son père, elle qui avait toujours rêvé de ça... Elle rejoignit les autres par la voie des airs.
Ils étaient les nouveaux héros.

On composa un nouveau gouvernement, les héros furent promis d’être aidé où on les trouverait. Les courriers furent envoyés partout par l’agence Canon qui fit ces voyages-là gratuits, en l’honneur du nouvel état. C’était vraiment exceptionnel.
Jean et les autres firent un point au QG :
« —Pour l’instant, tout roule, sauf que nous ne comprenons pas du tout la technique de Thanatos.
—Si, dit Jean, je la connais. Voyez-vous, Thanatos veut faire quelque chose d’impossible : il veut ressusciter le fort Mana.
—Le château volant dont il est question dans les contes de fées ?
—C’est bien loin d’être un conte de fées, je le crains. Thanatos doit attendre que vous ayez scellé les graines, pour ensuite s’en emparer, et en les rassemblant, ouvrir la porte du Fort Mana. Ce serait une arme de puissance invincible. Si jamais il y arrivait, ce serait la fin du monde.
—C’est pour ça qu’il m’a laissé en vie ? Pour sceller les graines ?
—Je me sentais fort avec mon arme magique, dit Trivol, mais je vois que Thanatos est un magicien qui nous dépasse tous, et ses hommes sont invincibles.
—Ce ne sont pas des hommes, dit Jean. Rambo et Schwarzy sont des monstres. C’est pour ça qu’ils sont si forts. Quand à Thanatos, il est très vieux. Il doit avoir au moins cinq cents ans. C’est pour ça qu’il est très puissant. Son pouvoir augmente tout le temps.
—Mais pourquoi a-t-il pris Tom, demanda Olivia. Pourquoi ?
—Ça, je n’en sais rien. Peut-être qu’il veut utiliser ses pouvoirs pour ouvrir le Fort...
—Mais Tom n’a pas de pouvoirs ! Il a toujours été normal !
—C’est toujours comme ça avec les enfants de la tribu Mana. Leurs pouvoirs ne se dévoilent que lorsqu’il le faut vraiment. En fait, il a un potentiel très important. Mais je ne comprend pas pourquoi il n’a toujours rien fait contre Thanatos.
—Donc Thanatos attend qu’on finisse de sceller les graines. Il vaut mieux ne pas le faire.
—Malheureusement, si. Sinon, les monstres resteront à jamais au pays de Mana. Et seule ton épée réactivée peut détruire un pouvoir comme celui de Thanatos. Tu dois continuer. Il va falloir vous séparer. Paul va devoir sceller les dernières Graines, pendant que nous protégerons celle que nous savons le mieux protéger : la Graine du Vent. Trivol et moi-même viendrons en aide à son grand-père. Ce qu’il faut, c’est avoir assez de force pour se mesurer à Thanatos. Et quand les Graines seront scellées, ton épée sera réactivée.
—Une légende parle de l’Arbre Mana, qui serait la force première de Mana. Mais personne ne sait où il est...
—Si, dit le roi Truffe. Quelqu’un sait où il est : Flammy ! C’est un grand Dragon Blanc. Et comme eux, il doit savoir où se trouve cet arbre. D’ailleurs, savez-vous, que lorsqu’ils s’en sentent capables, les dragons blancs font leur premier voyage seul, vers l’arbre, pour parler avec lui. Mais évidemment, c’était quand ils étaient en tribus...
—Pour parler avec lui ?
—Oui, oui. C’est à ce moment qu’ils sont considérés comme adultes. Là, ils choisissent leur voie, et c’est là, par exemple qu’ils décident s’ils veulent devenir une monture d’un chevalier. Pour l’instant, à part cette fois où il est parti pour vous sauver, Flammy n’a jamais volé seul. C’est quand il partira seul que je saurais que je n’aurai plus à m’occuper de lui.
—Regardez dehors. » Flammy, sur la place, était entouré de gens qui lui proposaient du foin et d’enfants qui essayaient vainement de monter sur lui. Il était calme, mais d’un coup, il se mit sur les deux pattes arrières, et prit tranquillement son envol. Sa direction semblait bien précise, mais ce n’était pas celle de Bolet.
« —Ben voilà, dit tristement le roi Truffe. Cela devait bien arriver un jour...
—Désolé. Ça grandit vite à cet âge-là.
—Et puis même. Voir l’Arbre Mana n’arrangerait rien. Il faut d’abord aller au plus pressé.
—En tous cas, nos projets sont faits. Mais d’abord, pour vous trois, il faudrait que vous alliez voir Socrate. C’est un philosophe qui vous aidera à franchir un pas dans vos connaissances et votre force. Il a une épreuve qui vous fait perdre la plus grande de vos peurs. Je le sais. Je l’ai déjà faite moi-même.
—Ah bon ? Demanda Trivol. Et c’était quoi ta peur ?
—Je préfère ne pas vous le dire, ça pourrait fausser vos idées sur cette épreuve. Vous devez avoir une surprise complète ! »

Mandala

Á l’île dorée, dans une petite maison, Thanatos, Rambo, et Schwarzy avaient assisté à la scène de Flammy, et à l’acclamation des villageois, à l’aide d’une boule magique.
« —Exactement comme je l’avais prévu, dit Thanatos.
—Sauf que vous n’aviez pas prévu ce Dragon Blanc et que l’Elfe et Jean de Tasnica sont vivants. Dit Rambo.
—Aucune importance.
—Et que le palais du Vent va être doublement protégé, continua Schwarzy. Comme si ce n’était pas déjà assez difficile avant !
—Ce sera aussi facile que de voler une sucette à un Mimi, continua Thanatos. Ce sont des détails. Nous sommes bien plus puissants qu’eux. En fait, c’est exactement ce que j’espérais.
—Et puis Méka court toujours, aussi.
—Encore un détail ! Je parle de ce nouvel état ! C’est très difficile de faire de la politique. Lola s’en rendra vite compte. Et quand j’arriverai en vainqueur...
—Pour l’instant, vous vous mettez tout le monde à dos. Le monde entier est contre vous.
—Détail, détail... »

Les trois amis arrivèrent à Mandala, la ville des montagnes, dans laquelle se trouvait Socrate, et le Palais de l’Ombre, d’ailleurs. C’était un village sympa. Ils achetèrent en solde les dernières armures de protection ultra-légères et ultra-résistantes. C’était Jean qui leur avait prêté de l’argent. Et il y avait aussi les restes du trésor réservé au chevalier légendaire qu’ils avaient eu à Pandore. On les fit dormir gratuitement dans l’auberge, et on leur indiqua le chemin (escarpé) qu’il fallait prendre pour trouver Socrate. Mais au moment de leur départ, quelque chose apparut dans le ciel : Flammy !
Il se posa. Il devait revenir de l’Arbre Mana. Il tenait dans son bec un petit tambour. Le roi truffe leur en avait parlé. C’était son jouet, préféré : dès qu’on y jouait, il venait vers le bruit. Ce qui était pratique pour le rappeler lorsqu’il volait un peu loin. Le dragon déposa son jouet à leurs pieds. Le message était simple : il avait discuté avec l’Arbre Mana, et avait décidé d’être leur monture. Il viendrait dès qu’on l’appellerait avec le tambour.
Ils remercièrent Flammy pour son choix, et il s’envola. Trivol prit le tambour avec lui, et ils partirent pour la Sierra de Socrate. Le chemin était, en effet, escarpé. Des frelons géants les attaquaient et l’escalade était difficile. En plus, il y avait bien cinq cents mètres de dénivelé à monter. Quelle idée d’aller vivre en montagne ! Enfin, ils arrivèrent tout en haut. Ils se débarrassèrent des derniers insectes qui les attaquaient à coups d’épée et de magie. D’en haut, la vue était superbe, mais moins belle que vue sur le dos de Flammy, trouva Trivol. S’il savait qu’il n’avait encore rien vu ! Les Dragons Blancs volent des fois jusqu'à deux milles mètres de hauteur !
Il y avait une grotte qui descendait dans le cœur de la montagne. Ils entrèrent, et à l’intérieur se trouvait une caverne aménagée. Il y avait quelqu’un, qui n’avait pas l’air ravi de les voir :
« —Qui êtes vous ? Qu’est-ce que vous venez faire ici ?
—Heu... Désolé de vous déranger, nous cherchions Socrate...
—Il n’est pas là ! Allez vous en !
—Nous voulions juste...
—Je sais ! Faire cette épreuve ! Ben faudra attendre qu’il soit revenu ! Pas’que j’m’occupe pas de ça, moi ! Et puis vous pouvez attendre un peu, non ?
—Heu... Si, bien sûr. Ce sera long ?
—J’sais pas. P’têt un jour ou deux...
—Quoi ?!
—Tiens, on dirait que vous avez perdu votre patience... N’avez qu’à revenir demain. En attendant, allez sceller la graine du palais des Ténèbres, c’est à côté. Vous êtes là pour ça, non ?
—Quoi ? Vous savez...
—Bien sûr, que je sais ! Socrate sait tout ! J’suis son disciple, et il m’dit tout ! Alors, allez-y ! Vous avez pas de temps à perdre. Si c’est comme ça qu’ils croient qu’ils vont sauver le monde ! Ey ! Réveillez-vous ! Bougez-vous un peu le cul ! Ah, ces jeunes ! »
Ils sortirent de la grotte, déçus. Lui, le disciple de Socrate ? Il n’a pas dû comprendre grand-chose à la philosophie.

La Queue de Lièvre de Mer

Bon, il n’y avait plus qu’à suivre son conseil : s’occuper du palais de l’Ombre. Mais pas question de refaire la descente à pied. Trivol tambourina. Fendant l’air, à la vitesse du vent, Flammy apparut dans le ciel. Il se posa et ils montèrent sur son dos. Ensuite, il monta dans le ciel à plusieurs centaines de mètres de hauteur, prêt à les envoyez n’importe où dans le monde.
« —Tu vas être déçu, dit Trivol, nous voulons redescendre, au contraire, vers Mandala.
—Attends, dit Olivia. Tu sais, à Kakkara, les habitants manquaient d’eau, et le roi m’a dit que pour les sauver, il fallait une « queue de lièvre de mer », mais que malheureusement, on en trouvait que sur « l’île de la queue de lièvre ». Peut-être que Flammy sait où c’est.
—Alors, demanda Paul. Tu sais ? » Flammy leur répondit par un cri positif, et il fonça à 700 km/h vers le Nord-Ouest. Il les déposa sur une petite île perdue au milieu de l’océan. Etait-ce l’île de la queue de lièvre ? Il y avait quelques huttes, et une demi-douzaine d’habitants. Des gens qui s’étaient réfugiés ici à cause de la guerre entre l’Empire et les autres pays. Et, en effet, on vendait des souvenirs « queue de lièvre de mer ». Ils en achetèrent une, et en un coup d’aile se rendirent à Kakkara.
Le roi de Kakkara fut heureux et surpris de leur gentillesse. Il fit une incantation magique, et déposa la queue de lièvre dans l’oasis vide. Au début, il ne se passa rien, mais lentement, l’eau filtra le sable et remonta à la surface. En fait, cet instrument attirait l’eau, ce qui était très pratique, quand on partait longtemps au désert.
Mais bon, une sphère les attendait. Flammy était le moyen de locomotion le plus rapide et le plus pratique qu’ils connaissaient. Ils rendirent leur carte de fidélité aux voyages Canon.

Le Palais des Ténèbres

Flammy les déposa juste devant la petite grotte qui menait au Palais des Ténèbres. Á l’intérieur, il y faisait très noir. On y rencontrait de multiples monstres, dont des têtes volantes de bonhommes aux dents acérées, et des monstres de boue très gênants, mais sensibles à la magie du Feu. Un rayon de lumière leur éclaira la route à suivre. C’était un couloir, qui amenait à une grande salle, complètement noire. On ne voyait même pas le chemin à suivre. La porte suivante était à l’autre bout, mais il y avait entre les deux un grand trou. Et on ne pouvait même pas en voir le fond. Olivia commença à avancer à tâtons mais c’était trop dangereux.
« —Attend, dit Trivol, j’ai une idée. » Il fit la magie d’Athanor : la Lave, avec pour cible le fond du gouffre. Lentement, le fond du trou se remplit d’une couche épaisse de lave rouge à quelques centaines de degrés (les pouvoirs de Trivol n’étaient pas assez puissants pour que cette lave soit très chaude). Evidemment, il était maintenant encore plus dangereux de tomber, mais au moins on distinguait bien le pont qui faisait quelques coudes, au dessus du rouge vif de la lave.
Le passage n’était pas étroit, et ils passèrent sans difficultés. La salle suivante était celle dans laquelle se trouvait la petite pyramide, avec la Graine des Ténèbres. Il n’y avait pas de monstre. Au moment où ils s’approchèrent de l’autel, toutes les lumières s’éteignirent, et une masse poisseuse commença à remplir la salle. C’était le monstre protecteur de la graine. La masse continua à s’étendre, et attaqua avec des magies sombres. Olivia utilisa Sylphide pour savoir quel était son point faible. La réponse fut : « la magie de Lumina ». Mais cette magie n’était pas dans le répertoire des pouvoirs de Trivol. Il fallait se débrouiller autrement.
Nos trois héros se prenaient souvent des magies, mais elles n’étaient pas très puissantes, et Olivia aidait ses amis avec le vivifiant d’Ondine. Aussi, de temps en temps, le liquide attrapait une jambe pour faire tomber ses adversaires, qui avaient les pieds dedans. Les attaques avec des armes ne faisaient rien. Elles passaient dans la boue visqueuse, sans rien faire. Même lorsqu’elles étaient chargées. Trivol essaya toutes les magies qu’il avait sur ce monstre, et finit par trouver que cette masse était sensible au glaçon.
Olivia leurs donna les sabres glaces ; c’était son autre point faible : le froid. Ils repoussèrent la masse à coups d’armes de glace, qui rendaient le sol gelé. La masse reculait, et finit par être coincé dans un petit coin. Ils chargèrent leurs armes de glace, prêt à lui donner le coup final. Mais la lumière revint, et le monstre filtra le sol et disparut. Une voix vint de l’autel :
« —Bravo, bravo. Si j’avais des mains, j’applaudirais. » Paul s’approcha de la pyramide. Sur les marches qui menaient à la graine, se trouvait une forme noire bizarre, qui semblait vivante. C’était à l’évidence l’Esprit de l’Ombre.
« —J’ai souvent vu ce genre de monstre battu par la magie de la Lumière, mais par le froid, jamais ! Bravo ! C’est pour ça que j’ai rappelé mon monstre. Vous méritez d’avoir ma magie.
—Vous êtes l’esprit des Ténèbres ?
—De l’Ombre, s’il vous plaît. Je sens que vous venez pour autre chose que recevoir ma magie.
—Vous donnez votre magie à tous ceux qui vous gagnent ?
—Oui, c’est la moindre des choses. Et en répandant ma magie, je deviens plus puissant. » Paul scella la graine.
« —Dites, si Thanatos vient ici, vous ne pourriez pas l’empêcher de prendre la Graine ?
—Non. Seul mon monstre le pourra. Mes pouvoirs ne sont utiles que dans un corps. S’il le gagne...
—Vous lui donnerez votre magie ?
—C’est déjà fait. Depuis longtemps. Et oui. C’était peut-être une erreur, mais je ne fais pas de politique. Il manipule cette magie très, très bien, maintenant. Ce n’est pas comme Sorcia, à qui il a donné ses pouvoirs. Trop de gens croient que ma magie entraîne le mal. C’est pour ça qu’ils la manipulent mal. Bien. Paul Mana n’a pas besoin de pouvoirs...
—(Encore dire ça pour moi ! Mais pourquoi ?) Pourquoi je n’ai pas droit à des pouvoirs, moi ?
—Jean ne te l’a pas dit ? Alors je présume qu’il vaut mieux que je ne te le dise pas non plus. »
Enervant, non ? Paul n’a toujours pas de réponse. Mais il espérait bien en trouver une auprès de Jean. Un vent opaque, concentré sur une petite largueur, de couleur sombre passa de l’esprit à Trivol. Il absorba les magies de la « vague noire », qui emporte tout sur son passage, de la « force sombre », qui est une magie d’attaque, et le « stop magie », qui empêche les adversaires d’utiliser leurs propres pouvoirs magiques. Olivia n’avait rien reçu. Elle ne dit rien par politesse.
« —Et Olivia, demanda Trivol. Elle ne reçoit rien ?
—Elle recevra autre chose, plus tard. Je vous laisse la surprise. »

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