L’épreuve de Socrate et l’aide de Méka



Le secret de Socrate


Après une bonne nuit de repos, les trois aventuriers repartirent pour la maison de Socrate. En entrant, ils trouvèrent le même personnage. Toujours aussi rustre :
« —Encore vous ? Qu’est-ce que vous voulez ?
—Ben... Voir Socrate... Heu...
—Déjà ? Dites, je vous avais dit qu’il en avait pour plusieurs jours ! Vous êtes pressés !
—Il n’est pas revenu ?
—Nan !
—Bon, alors...
—C’est ça ! Vous repasserez ! Fermez la porte en sortant ! »
...
« —Heu...
—Quoi encore ?
—Vous savez quand il va revenir ?
—Nan. Arrêtez de perdre votre temps comme ça ! Si vous vous ennuyez, il y a l’île Dorée à visiter. Vous pourrez y aller en dragon. Ne niez pas, je l’ai entendu atterrir. Dès qu’il y a un moyen de se déplacer moins fatigant... De mon temps, on marchait, monsieur.
—Non mais dites donc, s’énerva Olivia. De pourquoi que vous nous donnez des ordres ? C’est bien, comment on est reçu, ici !
—Allez les gamins, vous avez une quête à faire ! »
Insupportable ! Y’en a qu’on devrait noyer à la naissance ! Ils n’avaient pas un temps infini devant eux ! Ils partirent pour l’île Dorée, à dos de Flammy. C’est vrai que sur cette île se trouvait la tour d’argent, Palais de la Lumière.
Socrate les regarda s’éloigner.
« —Ils sont si pressés... Quelle fougue. Bon, j’ai un spectacle à regarder, moi. » Il regarda par un trou dans le mur, qui donnait dans une caverne, qui s’avéra être la salle de l’autel du Palais de l’Ombre.
« —Thanatos ou l’un de ses hommes viendra chercher la graine. Je ne voudrais pas manquer son combat avec Immondus, le monstre des Ténèbres. »
Quelqu’un entra dans la salle. Rambo ? Schwarzy ? Non. Thanatos lui-même. Tout s’éteint. Immondus entoura son adversaire. Thanatos chargea ses pouvoirs.
« —Je pourrais te détruire avec ma magie anti - ombre, mais je préfère te montrer l’ampleur de mes pouvoirs, Ombre. Je vais donc détruire cette bête visqueuse avec ses propres pouvoirs. » Une magie de l’Ombre d’une puissance énorme se mit en marche. Un vent noir entoura le corps du monstre. Immondus fut soulevé et paralysé par cette magie. Ensuite, Thanatos fit une magie de l’Ombre destructrice. Puis il la fit encore. Sous cette double attaque, Immondus explosa. La lumière revint, et l’esprit de l’Ombre fut visible.
« —Ça fait du bien de te revoir, tu sais.
—Je suis neutre, tu le sais, mais permets-moi de te dire que tu prends un gros risque, avec ces trois enfants.
—Pas du tout. Je compte bientôt me débarrasser de l’Elfe, et de la fille, si elle se révèle un peu dangereuse.
—Je veux dire que tu prends un risque avec Paul Mana.
—Bof. S’il est aussi puissant que Tom, le tour est joué. Tu as vu comme je l’ai maté, ce Tom ?
—C’est vrai que là, tu m’as étonné. Mais peut-être que Paul ne se laissera pas faire aussi facilement.
—Détail...
—Tu prends ma graine ? Tu veux ressusciter le Fort Mana ?
—On ne peut rien te cacher.
—Tu sais que même si tu réussissais, tu aurais un autre ennemi ?
—Le Démo Mana ? Le gardien suprême de la magie Mana ? Je le détruirai. Bientôt, grâce à Tom, j’aurais la superpuissance tant convoitée. A une autre fois ! »
Socrate se rassit. On en apprend des trucs.

La clef

Paul, Trivol et Olivia s’étaient posés sur l’île Dorée. Elle méritait bien son nom : le sol, les habitations, la verdure, tout était recouvert d’or. Tout brillait. Les gens d’ici étaient habitués à cette couleur. Au bout de la seule ville de l’île Dorée, se trouvait la Tour d’argent. Construite par le Roi, elle avait été donnée comme sanctuaire pour la magie de la Lumière. Mais, lorsqu’ils voulurent entrer, ils trouvèrent la porte d’entrée fermée à clef.
Ils questionnèrent les gens de la ville, qui leurs répondirent que cette clef avait disparu, mais qu’ils étaient certains que c’était le roi qui la détenait. Ils entrèrent donc dans le petit palais d’or du roi. On les fit entrer tout de suite chez lui. Mais malheureusement, le roi était fou.
« —Il est fou d’or. Il ne serait même pas capable de vous dire s’il a la clef. C’est sa femme qui gouverne. Vous pouvez la voir. Elle a accepté de ne plus faire partie de l’Empire, si l’indépendance de l’île Dorée était gardée. » La reine était entourée de subordonnés, et passait son temps à remplir des contrats.
« —Bonjour. Je suis ravie que le Chevalier Légendaire me rende visite, mais je suis un peu pressée. Désolé. Avec tous ces changements...
—Nous voudrions juste sceller la Graine de la Lumière.
—Ah, oui ! Vous voulez la clef ? Désolé, mais il y a bien longtemps, on l’a volée... Si vous avez tant de pouvoirs, vous pouvez toujours casser la porte... Ce ne sera pas profaner, si c’est pour la bonne cause...
—Inutile, dit un de ses subordonnés. C’est moi, qui, en temps de guerre, ait volé la clef. Je suis un ancien rebelle...
—Ah bon ? S’exclama la reine. Et pourquoi ne me l’as tu jamais dit ?
—Parce que c’était secret, évidemment. Je voulais l’emmener au QG de la rébellion, en me disant que ça pourrait toujours servir...
—Et où est elle ?
—Ben tiens ! Toujours au QG de la rébellion, j’imagine... »
Flammy partit à deux milles kilomètres heures au N-O-O, et ils atterrirent sur le toit du dit QG. Lola était là, et, en effet, elle possédait une clef envoyée de l’île Dorée. Jean était là, aussi. Ils en profitèrent pour régler quelques problèmes.
« —Socrate n’est jamais là !
—L’important, c’est que vous le voyez avant d’aller au palais de l’Arbre. C’est là que je soupçonne que Thanatos soit. Nous avons encore repoussé une attaque de Schwarzy. J’ai bien peur, que bientôt, Thanatos lui-même vienne.
—Pourquoi au palais de l’Arbre ?
—C’est là que se trouvent les restes du Fort Mana. C’est donc là qu’il devra le ressusciter.
—Dis, Jean, demanda Paul, il y a quelque chose que tu sais de moi que je ne sais pas. C’est quoi ?
—Je ne vois pas ce que tu veux dire. Je n’ai rien à te cacher.
—L’esprit des Ténèbres ne m’a pas dit d’où je venais parce que « tu ne me l’avais pas dit ».
—Bon. » Il prit une inspiration.
« Il y a assez longtemps, pendant que l’Empire commençait à jouer avec l’énergie Mana, je me suis mis à combattre l’Empereur. J’avais un compagnon, avec qui nous formions le meilleur duo du pays de Mana. Je l’ai toujours trouvé plus fort que moi. Un jour, lors d’un combat contre les meilleurs chevaliers de l’Empereur, —en ce temps-là, il y avait des chevaliers recouverts d’une armure d’or, presque aussi puissant que Méka. On les appelait les Terminators, et étaient très nombreux. Mais aujourd’hui, ils ont disparu. On a jamais su d’où ils venaient. »
« Bref, nous nous battions pour sauver le palais de Lucie. Ils étaient une bonne dizaine, contre deux. Nous avons gagné, grâce à la magie de Lucie, mais mon ami est mort dans ce combat. J’avais entendu dire que sa femme était parti au Hameau Potos. Il s’appelait Paul.
—Paul ? Comme moi ?
—Oui. Et je soupçonne fort que tu sois son fils. »

La tour d’argent

Donc Paul savait maintenant qui était son père. Mais ne savait rien de sa mère qui était apparue très mystérieuse aux yeux de tous. Même son père n’avait rien dit à son sujet à Jean. De toute façon, ils avaient autre chose en tête. L’intérieur de la tour d’argent était assez convivial. Il devait y avoir deux étages à monter. C’est drôle comme certains palais sont peuplé de monstres, et d’autres pas. A chaque esprit sa façon de protéger son œuvre.
Dans le Temple de l’Eau, le protecteur est Lucie, et dans tous les autres qu’ils avaient vus, les protecteurs étaient des monstres en série, et un énorme monstre protecteur de la graine. Mais ici c’était diffèrent. Il y avait en bas de chaque escalier un loup comme ceux de Polaira, mais son pelage était rouge. Ils passaient l’escalier sans que le loup ne les attaque, sans pour autant perdre son air menaçant. Juste des coups de bluffs. C’est en haut du deuxième escalier, que la passage se referma derrière eux.
Dans la grande salle, deux monstres firent leurs apparitions. Un énorme tigre, comme Tigror mais tout bleu, et un autre Minotaure, de couleur verte. Un tigre et un taureau. N’était-ce pas les deux animaux les plus dangereux du monde (si on enlevait peut-être un gorille déchaîné ou un rhinocéros en colère) ? Le combat allait être dur. C’était la première fois qu’ils devaient se battre contre deux monstres géants à la fois. Olivia fit l’Analyse sur les deux monstres. Le tigre s’appelait Tibleu et craignait le Gnome, et le taureau Sylphide.
« —Je m’occupe du taureau, dit Trivol. Prenez le tigre ! » Olivia donna à l’Elfe « le sabre foudre », et à Paul et elle-même le sabre Pierre. Trivol avait bien en tête ce qu’il voulait faire. La même chose qu’avec le Minotaure : lui lier les pieds, et l’attaquer. Il lui fit le Lierre. Le taureau se retrouva accroché au sol. Comme c’était le tigre qui craignait la magie de la Pierre, il fit aussi le lierre sur le tigre pour aider ses amis.
D’un coup de fouet chargé, il fit basculer le monstre géant en arrière. Il frappa avec la foudre. Puis le « Aéro Explo ». Il compara ce qui avait l’air de lui faire le plus mal. Le taureau semblait détester l’un comme l’autre. L’Elfe réattaqua, et encore, Aéro Explo, éclair sur la tête, il finit par quelques milliers de watts, et un coup de fouet chargé au maximum. Une énorme explosion parcourut la salle. La fumée se dissipa, pour montrer le monstre géant qui avait survécu à l’attaque.
Il se remit sur pied lentement, en prenant son équilibre. Il avait l’air très faible. Il regarda l’Elfe dans les yeux, sans pouvoirs bouger un muscle de plus. Il s’attendait à un autre coup, mais l’Elfe ne faisait que le regarder droit dans les yeux. Il attaqua donc en premier. Ses cornes s’allongèrent d’un coup, et en un quart de seconde, elle arrivèrent à la hauteur de l’Elfe et le transpercèrent au cœur. Le taureau avait réussi... A se faire avoir. L’Elfe venait d’utiliser un tour d’Elfe Magique : les cornes du taureau n’avaient transpercé qu’une illusion. L’Elfe était derrière lui, et avait prévu cette attaque depuis le début. C’est pourquoi il avait utilisé cette technique. Son fouet chargé s’enroula autour du cou du monstre, en l’électrisant. C’est seulement lorsque le monstre essaya de se débarrasser du fouet qui l’étranglait avec ses mains que l’Elfe lâcha la charge.
Tout le long du fouet, un halo lumineux passa en se propageant sur les mains et la tête du monstre. Une explosion se produit, et les mains du monstres furent détruites sous la violence de l’explosion. La tête sauta, décapitée, et alla se planter dans le plafond. Elle y resta accrochée, à cause des cornes (je sais, ce sont des détails horribles, mais je sais aussi que vous aimez ça). Le corps du monstre resta sur ces jambes, et une explosion se perpétua à partir du ventre jusqu’aux autres membres. La tête explosa aussi de son côté. Le monstre était vaincu.
Le tigre était bien plus fort que le taureau. Il avait été en effet attaché au sol et ses pieds étaient incapables de bouger. Mais dès que Paul ou Olivia essayaient de s’approcher, il rugissait et les menaçait de ses crocs. Très impressionnant, ils n’osèrent pas l’approcher jusqu'à se qu’il se débarrassa de la plante. Il fit un bond d’une douzaine de mètres, et se retrouva de l’autre côté de la salle. De là, il cracha des boules de feu sur ses deux adversaires. Paul les para avec son épée.
Olivia fonça sur lui en faisant tournoyer sa hache, et sauta à la hauteur de sa tête. Mais il l’envoya s’écraser dans le mur d’un coup de patte. Paul attaqua de son côté, profitant qu’il s’occupait de la fille. Et d’un coup d’épée chargée, il coupa la tête net du monstre géant dans une explosion. Paul s’attendait à une explosion totale et destructrice du corps. Celui-ci devint tout rouge, et des bruits de destruction se firent en effet entendre. Mais le tigre n’était pas mort. La tête repoussa d’un coup, et il attaqua en envoyant ses deux adversaires à terre. Trivol venait de détruire le taureau.
Il envoya la magie de la boue sur le tigre, qui s’en retrouva écrasé par terre. Il se releva aussitôt et se jeta sur son nouvel ennemi. L’Elfe sauta dans les airs et le Tibleu sauta vers lui, à la verticale. Trivol avait fait une erreur. Il allait être écrasé contre le plafond. Paul lança son épée sur le monstre géant. Elle atterrit sur le flan du tigre qui rugit de douleur. L’Elfe utilisa son fouet pour lier les pattes avant du tigre, et tira, ce qui l’envoya vers le bas. Trivol n’était donc plus entre le plafond et le monstre géant. Paul mit sa main en avant, et l’épée se détacha du tigre pour se retrouver dans les mains de son maître.
Tibleu retomba lourdement sur le sol. Il fut reçu par trois armes chargées de pierre, et par la magie « Diamant ». Ses membres explosèrent en mille morceaux, et il serait difficile de tout faire repousser. L’explosion du corps du monstre fut encore plus puissante, et lorsque la fumée se dissipa, les escaliers étaient de nouveau accessible, et une porte s’ouvrit.
C’était la salle principale de la tour. Sur les marches de l’autel se trouvait quelque chose de blanc et bizarre. Il apparut que c’était l’esprit de la Lumière.
« —Bonjour.
—Bonjour, dit Trivol.
—Je vais vous donner ma magie. Je le fait assez rarement, mais c’est la première fois que l’on bat mes deux monstres à la fois. Olivia, approche. » Elle reçut la magie de Lumina : une magie d’attaque « le rayon pur », la magie du sabre Lumen, et le « mur clair », une protection contre les coups ennemis. Comme une armure, en plus pratique. Trivol ne reçut rien. C’était donc ça qu’avait dit l’esprit sombre : Olivia aurait la magie de la Lumière, et Trivol celle des Ténèbres. Comme elles étaient incompatibles, il fallait bien départager qui aurait quelle magie.

Alors, Socrate, t’es là ?

Paul scella la graine, et ils repartirent par la voie des airs vers la Sierra de Socrate. « Prions pour qu’il soit là... » Ils entrèrent, et l’emmerdeur de service était assis devant la table. Socrate était-il par ici ? Il ne semblait y avoir personne d’autre.
« —Tiens, la jeunesse est revenue.
—Est-ce que Socrate est là, par le plus grand de tous les hasards ?
—Vous pourriez pas arrêter de l’ennuyer avec vos truc là ? C’est un lieu sacré ici ! On médite ici !
—Il n’est pas là ?
—C’est pas votre affaire. Il ne m’a pas prévenu de votre visite.
—Nous devons le voir. C’est très important !
—On verra ça quand vous serez passé par le palais de la Lune. Ça fait partie de votre programme, non ?
—Mais...
—Il n’y a pas de mais ! A votre âge, j’avais du respect pour les anciens ! Allez ! » Ils repartirent encore déçus. Ils revinrent à Mandala pour se reposer. Paul parla un peu avec l’aubergiste. Il se plaignait qu’à chaque fois qu’ils allaient chez Socrate, ils trouvaient un homme rustre qui leurs disait de revenir plus tard.
« —Oui, répondit-il. C’est pour ça qu’on lui a demandé de vivre hors du village. Il n’est jamais sympa.
—De qui parlez-vous ? De Socrate, ou du rustre ?
—Des deux ! Ils ne font qu’un !
—Quoi ?
—Vous ne saviez pas ? Socrate ne sort jamais de chez lui, et il vit seul. On ne peut donc que trouver Socrate chez Socrate ! Comme on ne peut pas discuter avec lui sans se disputer, on l’a envoyé vivre ailleurs.
—Alors il nous a menti ! C’était toujours lui ! Il ne voulait pas que nous faisions l’épreuve !
—Non, dit Trivol. Je pense qu’il ne voulait pas que nous faisions l’épreuve maintenant. Cette épreuve est supposée être très dure. Je pense qu’il préfère attendre que nous nous soyons entraînés au maximum. Il devrait nous laisser la faire quand nous reviendrons du palais de la Lune.
—Je l’espère. Sinon, je m’énerverai. »
Le palais de la Lune était « quelque part dans le désert de Kakkara ». Avec une si bonne indication, les enfants n’étaient pas près de trouver. Ce désert était immense ! Flammy ne savait pas non plus où il se trouvait. Ils survolèrent donc le désert en scrutant le sol. Ils reconnurent la ville de Kakkara, le palais du Feu, mais rien d’autre. Sauf à un endroit, se trouvait une surface noire, avec au bord une petite maison. Ils s’y posèrent. La maison appartenait à un bonhomme qui possédait un bateau, et qui proposait la visite de la surface noire en question.
« —Oui, c’est quoi, ce truc noir ?
—C’est un genre de sable. Si fin, qu’on ne peut tenir dessus. On coule. Se sont des sables mouvants, en fait. Ce qui est très pratique si on veut s’isoler : sans bateau, il est parfaitement impossible de passer sans couler. C’est pourquoi, depuis très longtemps, les tribus sous-développées y construisaient leurs temples sacrés où nul n’avait le droit d’y pénétrer : la pyramide géante de Numérobis, l’autel des Incas, le palais de la Lune...
—Le palais de la Lune ? C’est ici qu’il se trouve ?
—Bien sur. Avec tant d’autres merveilles...
—On peut y aller ?
—Je suis là pour ça. C’est trente pièces d’or par personnes, il y a des tarifs de groupes de quinze, travelers cheques and Master card accepted. »
Le bateau était comme le bateau de sable du Général Neslie, mais en plus petit. Le gentil organisateur les menait directement vers le palais de la Lune. Pendant le voyage, quelque chose les dépassa en flèche. On aurait dit une machine volante très rapide... Mékano ?

Méka au palais de la Lune


Le bateau s’arrêta près d’un bâtiment.
« —J’ai mis des balises pour délimiter le sable ferme du sable mouvant. N’essayez surtout pas de marcher sur le sable mouvant. Vous pouvez entrer dans le palais de la Lune, mais de toute façon, l'intérieur est bizarre : vous verrez par vous-même. Je vous attends ici. Au fait, il y a des monstres qui volent à un mètre de haut. Ne soyez pas hostiles avec eux, ou ils vous attaqueront. »
Paul, Olivia et Trivol se dirigèrent vers le Palais. Ils virent quelques méduses flotter dans l’air. Elles se dirigeaient toutes vers la porte d’entrée du palais de la Lune. En effet, elles allaient aider leurs copines qui se battaient contre quelqu’un qui n’avait pas eu la chance d’avoir les conseils du navigateur. Paul et ses amis coururent pour aider cet homme. C’était bien celui qu’ils avaient vu passer en volant. C’était Méka.
En fait, il n’avait pas besoin d’aide : il massacrait littéralement les monstres les uns après les autres, les tranchait en deux, et les envoyait en l’air d’un coup de poing. Les derniers monstres partirent sans demander leur reste. Il se reposa un peu sur les marches d’entrée du Palais, et leva la tête. Il vit trois personnes qui le regardait anxieusement.
« —Ah ? C’est vous ?
—...
—Vous savez, Jean avait raison. L’Empire, c’est fini. Les temps changent...
—Pourquoi vous êtes venu ici ?
—J’ai beaucoup réfléchi, et je me suis dit que je pourrai demander conseil à l’Esprit de la Lune. Vous venez pour sceller la graine ?
—Oui.
—Il va bien, le passeur ? C’est lui, qui m’a amené ici, la première fois. Vous saviez que ma magie principale est celle de la Lune ? Ces monstres n’étaient pas là, avant.
—Vous voulez bien vous allier avec nous ? » Demanda Paul. Tout de suite, Trivol et Olivia n’étaient pas d’accord. Il avait voulu les tuer ! Il avait volé la graine de l’Eau ! Mais c’est vrai que Paul avait raison. Méka serait un bon allié. Surtout maintenant qu’il avait renoncé à l’Empire.
« —Je crois que c’est ce que je vais faire. De toute façon, vous ne pouvez rien faire sans moi.
—Et pourquoi donc ? » Olivia n’était pas très d’accord pour que Méka les rejoigne.
« —Entrez. » Ils entrèrent dans le Palais de la Lune. Lorsqu’ils passèrent la porte, un monde nouveau s’offrit à eux. Ils n’étaient pas dans une salle, mais dans un monde. Noir. Sans limite. Sans rien. Ils avancèrent, mais il n’y avait comme décor que la porte d’entrée, qui se tenait levée, pour qu’on puisse ressortir. Ce monde ne semblait pas avoir de frontière. On devait pouvoir marcher durant des centaines de kilomètres sans rencontrer de changement. Juste un horizon lointain et inaccessible.
« —Alors ? Comment on fait, d’après vous ?
—Et toi, tu le sais ?
—Bien sûr. Mais je vais vous laisser cogiter un peu. »
Il ne devait pas y avoir une porte à des kilomètres. Et de toute façon, il était certain que la porte ne devait pas être trouvée, mais devait apparaître. Mais comment ?
« —Sésame, ouvre-toi ? Essaya Trivol.
—Ce n’est pas ça, dit Méka, mais tu n’es pas très, très loin du truc.
—Contre le noir, pensa Paul, il faut utiliser la lumière... Olivia ! Appela-t-il. Il faudrait que tu fasse le Rayon Pur !
—Sur quoi ? Il n’y a pas de cible, ici !
—Essaie sur l’obscurité. »
Olivia pensa à tout ce qui avait trait au noir, aux ténèbres, et envoya le Rayon Pur. L’esprit de Lumina se dessina entre ses mains, et deux rayons de lumière traversèrent le ciel. Les rayons coururent dans tous les sens et s’enroulèrent. Ils passèrent et repassèrent, mais ne trouvèrent pas leur cible. Ils finirent pas s’éteindre.
« —Tu n’étais pas loin non plus, dit Méka.
—Il faut faire les deux ? Une magie et une phrase magique ?
—Non, il faut que se soit quelque chose que n’importe qui d’intelligent puisse trouver. Pas une phrase fixe. La preuve, c’est que j’ai trouvé.
—Alors dis-nous ! Explosa Olivia.
—Bien sûr. Tu vois Paul, c’est bien d’attaquer le mal. Mais ce n’est pas toujours la bonne solution. Des fois, il faut l’affectionner, lui donner ce qu’il veut, pour l’apprivoiser. Alors, non seulement tu réussis du premier coup, mais en plus, ton ennemi sera ton ami. Et c’est le plus important. »
En entendant ses paroles, Paul pensa d’abord que Méka n’était pas si mauvais, et qu’au contraire il était un chevalier intelligent et sage, tout comme Jean. Il était juste sous les ordres du mauvais, c’est tout. Puis Paul pensa à la signification. Il compris tout de suite.
« —Trivol ! La magie sombre !
—Je n’ai que des magies d’attaque. Sauf le « stop magie », qui n’est pas adapté...
—Ecoute, je n’ai jamais eu la chance de faire de la magie, mais je pense que tu peux faire varier l’intensité des attaques, non ? Tu ne peux pas en faire une magie de « sympathie » ?
—Je vais essayer... » Trivol fit la vague noire, en pensant à une vaguelette, en pensant à une chose simple. Il aimerait revoir les autres Elfes Magiques... Il fut triste, en envoyant sa vague dans ce monde noir. Le monde sembla s’éteindre, et une lumière très forte fit son apparition. Leurs yeux s’étant habitués à l’obscurité, il durent attendre un long moment avant de rouvrir les yeux. Trivol entendit une voix dans sa tête qui semblait venir de l’obscurité qui avait disparu : « Tu les reverras... Bientôt. »
Ils étaient dans une petite salle. La porte d’entrée menait vers l’extérieur, comme si cette salle avait toujours été derrière la porte, et que ce passage dans le noir n’avait jamais existé. Une autre porte menait vers l’intérieur. Méka entra, suivit des trois aventuriers.
La salle suivante était comme d’habitude, avec une petite pyramide. Et sur les marches se trouvait l’esprit de la Lune, Luna.

C’est bien Socrate

Méka salua Luna, et lui présenta ses trois nouveaux amis. Paul scella la graine. Méka était venu prendre la graine pour la mettre en sécurité avant que Paul ne la scelle, ce qui empêcherait la construction du Fort Mana, mais aussi la réactivation de l’Épée Mana. Il pensait que l’on pourrait s’occuper de ça après, mais si les graines n’étaient pas scellées, au bout d’un moment, tous les monstres apparus se transfuseraient dans le Démo Mana, qui détruirait le monde (au lieu du Fort Mana). Maintenant que la graine était scellée, il fallait la protéger. Mais nulle part elle n’était à l’abri de Thanatos.
« —Peut-être qu’il ne trouvera pas comment passer l’obscurité ?
—Tu sous-estimes Thanatos. Je ne pense pas qu’elle soit en sécurité ici. C’est bien de protéger la graine du Vent, mais autant en protéger le plus possible.
—Je peux changer le code d’entré de l’obscurité, dit Luna. Il suffirait que l’on fasse ma magie. Thanatos ne l’a pas.
—C’est une bonne idée.
—Je vais vous donner ma magie, pour que vous puissiez passer. Et aussi parce que vous en aurez certainement besoin. » Trivol reçut le « pompe magie » qui prend l’énergie magique de l’adversaire, le « changement », qui transforme les monstres en créatures beaucoup moins puissante, et la magie lunaire, qui a des effets divers selon l’ennemi. Mais à force, l’utilisateur peut contrôler ses effets. Olivia eut le Sabre Lunaire (un Sabre spécial par magie...), le « lance attaque », qui renforce l’efficacité d’un coup porté, et enfin la magie « lunaire », qui rend l’attaquant beaucoup plus fort que d’habitude. Paul trouva une raison pour avoir une magie :
« —Et moi ? Si je veux entrer ?
—Tu ne le sais pas ? S’étonna Luna. Ton épée contient en elle tous les pouvoirs de Mana. Pour l’instant, elle est en stand by, mais quand elle sera réactivée, tu verras qu’elle est très puissante. Beaucoup plus qu’une simple arme magique. Oui, vraiment beaucoup plus...
—Personne n’est supposé savoir ça, dit Méka. Seule la tribu Mana est au courant de ces secrets.
—On te dira tout sur l’épée et la tribu Mana plus tard. Tu dois d’abord sceller la dernière graine. Dès que tu l’auras fait, ton épée sera réactivée. Avec cette arme, tu pourras détruire très facilement Thanatos. »
Il y avait encore une chose à faire, avant, c’était voir Socrate. Méka resta près de Luna, pour protéger la graine. Il faut savoir que dans son palais, la magie de Luna est bien plus performante. En un coup de bateau sur les sables mouvants et en un coup d’aile sur les nuages, Paul, Olivia et Trivol se rendirent en haut de la montagne. A l’intérieur se trouvait toujours la même personne.
« —Socrate n’est pas là, dit il. Va falloir attendre...
—Arrêtez votre petit jeu ! Nous savons que vous êtes Socrate !
—Ah... Je savais que je commençais à me faire connaître avec ce même tour à chaque fois...
—Pourquoi vous faites ça ?
—Parce que vous n’étiez pas encore prêt. Et tout le monde sait bien qu’il faut laisser les gens bouillir un peu avant de leur donner ce qu’ils veulent. Sinon, après il veulent tout, et tout de suite. Ah ! Ces jeunes ! Bon. Vous voulez faire l’épreuve ? Mais sachez d’abord que si un seul d’entre vous hésite avant d’entrer, il n’entrera pas. Il faut être décidé avant d’y aller.
—Nous le sommes. On a eu largement de temps pour se décider.
—Allons-y. » Socrate leur montra un tunnel au fond de sa caverne. Et les fit entrer. A l’intérieur se trouvait un passage dans une autre caverne, au très haut plafond. Au bout de se passage se trouvait une autre salle. La porte se referma derrière eux. Des bruits se firent entendre. Ce qu’on pouvait entendre la nuit dans une forêt. Des loups, et des sons de fantômes... Paul, Olivia et Trivol s’entourèrent d’un halo lumineux. Cet halo se déplaça, et devant chacun d’eux, se matérialisa quelqu’un qu’ils connaissaient...

L’épreuve de Socrate

Paul regardait son adversaire dans les yeux. Il avait une épée magique. Il s’appelait Paul Mana. Paul devait se battre contre son double ! Trivol se croyait devant un miroir. Olivia n’aimait déjà pas cette usurpatrice qui se tenait devant elle.
« —Il faut que chacun se battre contre son propre double, sinon, on s’y retrouvera pas ! » Les six enfants sortirent leurs armes.
Au début, le combat fut complètement à l’avantage des doubles. Ils étaient en effet aussi forts qu’eux mais avaient de multiples avantages. Ils savaient qui étaient leurs amis doubles, et n’hésitaient pas à les aider en se battant contre quelqu’un d’autre que leurs doubles. Avantage que Paul et ses amis ne pouvaient utiliser, car ils ne savaient pas qui étaient leurs vrais partenaires. De plus, leurs doubles avaient une assurance incroyable que leurs adversaires ne connaissaient pas. Etaient-ils vraiment si fort que ça ?
Enfin, il était difficile de se battre contre soi-même. Mais Paul trouva la solution : leurs adversaires connaissaient tous leurs avantages, toutes leurs qualités, puisqu’ils les copiaient si bien. Mais connaissaient-ils leurs défauts ? Paul connaissait le sien : il ne se gardait jamais. Bien que son arme magique lui ait apprit en quelque temps comment manier une épée, il n’a jamais été un bon escrimeur. Et il ne se protégeait jamais, son épée étant assez forte pour détruire ses ennemis très vite. Quand on lui portait un coup, il faisait un pas en arrière. Et plaçait toujours son épée devant lui, mais trop tard. Il savait que c’était une mauvaise habitude, mais on ne perd pas facilement une habitude. Paul attaqua donc avec la pointe de l’épée plusieurs fois son double. Qui recula, recula, et se retrouva plaqué au mur.
Paul profita de sa surprise pour envoyer son épée en l’air, et chargea son arme en prévision d’un coup final. Mais le double ne s’avouait pas vaincu, et il se jeta à terre pour rouler vers son épée. Il la prit et se releva... Pour voir Paul se jeter sur lui, l’épée de couleur rouge, surchauffée, surchargée tomber sur lui. Une explosion se fit autour du double, qui tomba sur le ventre. Son corps devint transparent puis disparut.
Olivia ne s’était jamais battue en combat singulier. Et la hache n’était pas la meilleure arme pour ce genre de combat. Elle utilisa la magie « Ballon » sur son double, mais il n’y eut pas d’effet. En effet, son double avait le pouvoir de contrer ceux d’Olivia. Elle essaya autre chose et se fit à elle-même la magie « vitesse ». Elle pensait qu’elle deviendrait plus rapide que son adversaire, mais déception, son double devint tout de suite aussi rapide qu’elle. Olivia n’arrivait pas à se battre avec une hache. Elle la posa à terre.
Comme elle l’espérait, son double fit de même, et son arme disparut. Olivia se souvint des cours d’auto défense de Tom : « Il faut se servir de la force de son adversaire. Mais le plus dur, c’est de savoir quel est son point faible et son point fort. Olivia connaissait son point fort, mais elle avait trop de points faibles pour tous les connaître.
Son double attaqua, d’un coup de pied sauté. Olivia rattrapa le pied et fit basculer son adversaire par terre. Voilà, c’était ça son point faible principal : toujours attaquer sans savoir. Tom le lui avait souvent dit. Elle attendit donc patiemment que son adversaire se relève. Puis resta sans bouger devant elle. Le double réattaqua, en courant vers elle. Il lui donna un coup de poing qu’elle évita. Puis le double se retourna et essaya de la faire tomber. Olivia sauta par dessus son pied, et lui tomba sur la tête. Elle pressa un « point douloureux » et immobilisa son adversaire. « J’ai gagné » dit-elle. Son double disparut entre ses mains.
Trivol n’avait ni défaut qu’il ne connaissait pas ni qualités dont il ignorait l’existence. Il connaissait tout son fort intérieur. C’était comme ça chez les Elfes Magiques. Le combat ne pouvait pas avoir de gagnant. Après un peu de castagne, Trivol le comprit et posa son fouet. Puis il plaça ses mains derrière son dos. Son adversaire fit de même. Ce combat allait être un combat de parole.
« —Je suis le dernier des Elfes Magiques, et toi tu n’es qu’une illusion.
—Non, je suis ton clone, et je n’ai hérité d’aucun de tes défauts. Je suis meilleur que toi.
—Tu mens (Trivol savait qu’il y avait chez lui une facilité au mensonge). Tu ne peux pas vivre sans support, c’est-à-dire moi. Regarde. Même ton arme a disparu quand je l’ai laissée.
—C’est parce que je n’en avais plus besoin. Ça fait partie de mes pouvoirs. J’ai aussi un avantage. Je suis immortel.
—Comme tes copains ? Je veux dire comme celui que Paul vient de tuer, ici ?
—Lui c’est différent.
—Non. Vous êtes tous sortis de nos esprits. C’est moi qui t’ai créé à travers l'épreuve de Socrate. Tu n’es que la copie. Tu n’existes que dans mon esprit !
—Bien sur que non. Si je n’existais que dans ton esprit, tu pourrais me détruire. Et tu ne peux pas.
—Tu viens de me donner une idée. » Trivol se concentra et il regarda son double dans les yeux. Les Elfes savaient très bien manipuler leurs cerveau. « Tu n’existes plus ! » Le double disparut subitement. « Tu vois ! Je te contrôle. Et comme je veux, même ! » Il fit réapparaître son double. Et le manipula. Le double marchait dans la direction que lui ordonnait Trivol. Il avait contrôle sur un autre lui-même ! Cela pouvait s’avérer pratique. Il fit disparaître le double.
Une voix s’éleva dans la grotte : « Bravo ! Bravo ! Vous pouvez revenir maintenant. » La porte s’ouvrit.

Maintenant, c’est du sérieux !

Socrate était émerveillé par la facilité avec laquelle ils avaient réussis l'épreuve. Mais il ne comprenait pas pourquoi Trivol avait réussi à contrôler son double. C’était la première fois que ça arrivait.
« —Vous venez de trouver et de corriger vos pires défauts, vous avez réussi. Vous êtes prêts à attaquer Thanatos, sans avoir peur. Mais maintenant commence la plus difficile partie de vos épreuves. Paul, j’espère que vous empêcherez le création du Fort Mana. Sinon, si l’épée n’est pas ravivée, jamais vous ne pourrez battre le Démo Mana. Maintenant, c’est du sérieux ! »

Chapitre précédent
Chapitre suivant