Le garçon, la fille, et l’Elfe



Sur un continent oublié, à une époque lointaine, vit un peuple qui n’adore aucun dieu, et n’est soumis à aucun maître. Un peuple qui vit en paix et en liberté, et puise toute sa force dans l’arbre magique de Mana. Seuls les vénérables sages savent encore quelles véritables forces se caches dans le Mana. Car la paix ne règne pas depuis toujours dans ce pays. Une vieille légende raconte que les habitants du pays utilisèrent un jour les pouvoirs de Mana pour se révolter contre la puissance de l’infini. Alors apparut un chevalier qui punit les insurgés et détruisit leur civilisation. Il déposa les graines de l’Arbre Mana dans huit palais. Elles devaient être la marque qui préserverait le mal. Le chevalier avait pour arme la légendaire Epée Mana. Après avoir accompli sa mission, il planta son épée dans un rocher. C’était une marque supplémentaire pour conjurer le mal et commémorer la profanation de la puissance de Mana. L’Épée reposait dans ce rocher depuis la nuit des temps, jusqu’au jour où...

La forêt interdite

Les chutes d’eau qui tombaient d’une hauteur de dix mètres faisaient un bruit assourdissant. On les entendait de si loin que les voyageurs égarés dans la forêt se servaient de leurs bruits pour se repérer. Mais depuis longtemps, personne n’est entré dans la forêt, car elle était devenue interdite. On la racontait dangereuse et remplie de bêtes sauvages. La plupart des chasseurs du Hameau Potos, le village qui surveille l’entrée de la forêt, la contournaient pour entrer ensuite dans les bois qui forment la plus grande partie du pays de Mana.
Pourtant, devant les chutes, en équilibre sur un pont qui permettait de suivre un chemin que peu avaient utilisé depuis longtemps, il y avait trois enfants du Hameau Potos, qui essayaient tant bien que mal de passer ce pont d’une dizaine de mètres de hauteur. Le premier était grand, et se voulait chef du groupe. Celui qui le suivait était bien plus jeune que lui, et on sentait qu’il s’était laissé entraîner dans cette randonnée sans réfléchir. Et au milieu du pont se trouvait le troisième. Celui-ci semblait rejeté au milieu des autres. Il portait des vêtements d’un style complètement différent, et n’était pas du tout à l’aise sur ce pont prêt à craquer.
"-Attendez-moi ! Dit-il.
-Je t’avais dit qu’il ne fallait pas l’emmener avec nous, dit le petit.
-Va plus vite, dit le grand. Tu nous retardes. Il faut faire vite !
-C’est vrai, dit le petit, si le sage nous trouve ici, on est très mal. Mamie nous a souvent parlé d’un objet qui brillait dans les chutes.
-C’est un trésor. Il faut le trouver."
Mais le retardataire n’osait toujours pas faire un pas de plus.
"-Mais il est gardé par un fantôme, dit le petit.
-C’est pas vrai. Ce sont des histoires pour nous faire peur. Alors, tu viens ?"
Le troisième risqua un pas en avant et glissa. Il se rattrapa au pont et les deux autres le rejoignirent. Il lâcha. Les deux amis le virent tomber dans les chutes, puis ils partirent en courant vers le Hameau Potos.

Le garçon se réveilla. Il était tout mouillé et rempli de bleus partout. Heureusement, il y avait beaucoup de mousse au fond du petit lac formé en bas des chutes, et le garçon n’avait pas de blessures. Il se rappela qui il était et pourquoi il se baignait. Il était Paul Mana. On s’était toujours demandé en quoi il méritait ce nom de famille, mais sa mère, dès sa naissance l’avait proposé, et, sans trop savoir pourquoi, les villageois du Hameau Potos trouvèrent qu’il lui allait bien. On n’était pas sûr que « Mana » était le nom de sa mère. Elle ne voulait pas avoir de nom, et on l’appelait "la mère de Paul", en toute simplicité. Peu après, elle disparut et on ne la revit jamais.
Paul se releva et chercha la direction du village. Il vit le tronc d’arbre qui servait de pond en haut, et décida de suivre le chemin qu’ils avaient pris en haut, de visu, tout en marchant dans la forêt. Contrairement à ce qu’on lui avait dit, cette forêt était identique au reste de la végétation qui couvrait le continent de Mana. Il n’y avait pas la trace de monstres, ni de bêtes sauvages. Il suivit le chemin qui s’offrait à lui. Mais très vite, il s’arrêta. Une plante avait poussé en plein milieu du chemin, et elle faisait un barrage. Pleine d’épines, Paul se dit que la traversée allait être plus difficile qu’il ne se l’imaginait.
Il essaya de passer par dessous, entre les pieds de la plante. Mais c’était trop dur. Par contre il put voir le chemin qui continuait derrière. Au milieu il y avait un lapin en train de grignoter une espèce de navet. Paul rebroussa chemin et chercha un bâton ou un objet lui permettant de débroussailler un peu. Il s’éloigna un peu du chemin et se retrouva devant un lac artificiel peu profond. On distinguait le fond rocailleux.
Une voix l’interpella.
"Paul... Paul..."
Le garçon chercha d’où elle venait, mais ne vit personne. C’est là qu’il remarqua qu’au milieu du lac était plantée une épée dans un rocher. L’objet brillant qu’ils cherchaient ! En effet, l’Épée semblait renvoyer la lumière dans toutes les directions. Paul se mouilla pour approcher de l’Épée. La voix repris :
"Paul... Enlève l’Épée... Enlève-la..."

Une fatale erreur

Derrière cette voix on entendait des grondements, des gémissements. Lorsque la voix parlait, tous les autres sons semblaient s’éteindre. Sans comprendre, Paul arracha l’Épée du bloc de pierre. Lorsque l’Épée et la roche furent séparées, une lumière aveuglante sortit du trou laissé par l’Épée, et le garçon sentit des choses passer. C’était d’elles qu’émanaient les grognements. Enfin, la lumière baissa en intensité. Paul se retrouva avec l’Épée en main et devant lui se tenait au-dessus de la pierre un personnage blanc et vaguement transparent.
"-Un fantôme !
-L’Épée, répondit-il. L’Épée...
-Quoi ? Cette épée ?"
Paul brandit l’Épée, et la lumière reprit, envoyant de la poussière brillante dans toutes les directions. Lorsque l’intensité luminescente revint à son point initial, le fantôme avait disparu. C’était lui qui l’avait appelé.

Remis de ces émotions, Paul repris son chemin. L’Épée était lourde, et il aurait du mal à la manier. Mais de toutes façons, elle ne devait servir qu’à se frayer un passage. Arrivé devant le buisson, il donna un coup d’épée en plein milieu des branches. Cette épée, qui paraissait vieille et rouillée avait quand même tranché les branches. Elle était plus coupante qu’il ne le croyait. Il se fit un passage à travers la plante et se retrouva de l’autre côté. Le lapin qu’il avait aperçu était toujours là. Mais il était différent. D’abord, il ne fuit pas à l’arrivée de Paul. Il ne grignotait plus son navet. Il fixait le garçon avec des yeux rouges dans lesquels brûlait une haine qui fit réellement peur au garçon. Sans prévenir, il sortit des griffes immenses et s’approcha lentement de Paul. Celui-ci lui fit face en tenant son épée en garde. Elle lui paraissait moins lourde. Le lapin lui sauta dessus, et Paul lui donna un grand coup d’épée. L’animal fut coupé en deux net. Les deux parties tombèrent et au lieu de laisser une trace de cadavre sanglant, les morceaux restèrent un moment par terre et se désintégrèrent. Paul n’en revenait pas. Il venait de désintégrer un lapin en un coup d’épée ! Il avança un peu et découvrit au tournant du chemin deux autres lapins qui semblaient aussi menaçants que le premier qu’il avait rencontré. Il retourna en arrière... pour redécouvrir le premier lapin qui était réapparu ! Il avait toujours ce regard de tueur-né et l’attaqua de nouveau. Paul lui donna un coup d’épée et le tua, et le lapin disparut une autre fois. Il décida de retourner au village et de voir là-bas qui étaient ces monstres. Sur son chemin il rencontra encore d’autres lapins, qu’il transperçait à coups d’épée. Il lui semblait qu’il arrivait mieux à la manier. Pourtant il n’avait jamais tenu d’arme de sa vie. Il s’était aussi fait toucher par quelques attaques des lapins, et au fur et à mesure des combats, il se retrouva blessé. Les griffures des lapins avaient fini par faire une entaille grave au bras qu’il utilisait pour se battre.
Mais il arriva au village, et heureusement il n’y avait aucun monstre à l’intérieur.

Mantides

Paul fut soulagé de ne voir aucun monstre. Mais les gens étaient différents. Ils semblaient inquiétés. Et la plupart de ceux qu’il rencontra lui dirent d’aller voir le sage, qui l’attendait. Le sage avait éduqué Paul depuis la disparition de sa mère. Mais Paul préféra d’abord aller dans la taverne pour emprunter de quoi soigner sa blessure. Devant la porte d’entrée, il vit le cadet du village qui lui rapporta qu’il y avait à l’intérieur de l’auberge un homme très grand qui ressemblait à un chevalier. En effet, à l’intérieur il y avait un homme, taciturne, qui ne semblait pas prêt à parler. Paul se fit un pansement et marcha vers la maison du sage. Devant l’attendaient déjà le sage et ses deux amis avec qui ils étaient parti à la chasse au trésor.
"-Alors, dit le sage, qu’est-ce qu’il s’est encore passé ?
-On te croyait mort ! Dit le petit."
Le sage remarqua alors l’Épée accrochée à la taille de Paul.
"-Qu’est-ce que tu as là ? Dit-il. Ah ! Non ! Ce n’est pas vrai !
-Génial, dit le petit, tu as trouvé le trésor !
-Où as-tu trouvé cette épée ? Demanda le sage.
-Dans un rocher, près des chutes.
-L’Épée Mana ! Cria le sage. Tu l’as retirée !
-L’Épée Mana ? Demanda le grand. La légende dit que le village est perdu si..."
Il se mit soudainement en colère.
"-C’est pour ça qu’il y a des monstres partout maintenant ! C’est ta faute !
-Arrête ! Dit Paul"
Mais son agresseur était en colère et ne semblait pas décidé à s’arrêter.
"-Toi, un étranger, tu ose mettre nos vie en péril ? Je vais te tuer !
-Arrête ! » Disait toujours Paul. Il pensa un moment à sortir son épée pour lui faire peur, mais il n’en fit rien.
Alors qu’il continuait à être repoussé, un séisme se fit sentir. Toute la terre trembla et un énorme trou s’ouvrit juste en dessous de Paul et de son agresseur. Paul parvint à se rattraper mais finit par tomber quand même. Le chevalier sortit de l’auberge et le tremblement de terre s’arrêta. L’homme s’approcha du trou et regarda ce qu’il s’y passait à l’intérieur. Un monstre de la taille d’un chariot menaçait les deux enfants. Paul avait apprit les noms et les dessins des monstres des légendes par coeur. Pas de doutes, ce monstre était bien Mantides, la fourmi mutante et géante qui n’existait que dans les histoires de fées. Elle semblait en métal et portait au bout de chaque bras une griffe géante. Son armure géante qui l’entourait la rendait encore plus invulnérable. L’autre garçon semblait maintenant complètement inoffensif. Il était blessé par sa chute, n’ayant pu se retenir.
"Un monstre ! Cria-t-il. Tu as une épée ? Alors sers-t’en !"
Paul fit face au monstre. Il devait faire trois mètres de haut. Il donna des coups successifs au monstre, qui semblait rire de ses attaques. L’homme, d’en haut, lui donna des conseils :
"Calme-toi ! Il faut que tu utilises cette épée au mieux de sa force. Charge ton épée, puis donne lui un coup."
Charger une épée ? Paul ne comprit pas. Mais dans les légendes, on disait que les armes magiques pouvaient devenir plus puissantes si on les chargeait. Son arme semblait magique. Il était donc logique qu’il puisse faire quelque chose d’impossible avec. Il se concentra et senti la puissance monter dans l’Épée. Lorsque que cette puissance fut à son maximum, il fonça sur le monstre et porta une attaque. L’armure de Mantides éclata littéralement. Mis à nu, la fourmi comprit qu’elle avait sous-estimé son adversaire. Elle l’attaqua à coup de griffes et fit des sauts de plusieurs dizaines de mètres pour l’atteindre. En plus, elle lançait des sorts magiques que Paul ne savait pas parer. Les griffes, c’étaient une chose, une boule d’énergie bleu qui lui tombait dessus, c’en était une autre. Il n’avait jamais le temps de charger son épée, et il faiblit sous les attaques du monstre. Il fini par tomber dans l’inconscience.
La voix de l’homme lui revint.
"-Si tu n’as pas le temps de charger ton épée, évite le monstre et n’attaque que lorsque ton épée est prête. Je vais te réanimer."
Paul se sentit revivre et suivit les conseils du chevalier. Il fut réduit à l’impuissance encore une fois, mais il était à chaque fois aidé par l’homme, alors que le monstre ne l’était pas. Il finit par périr sous les attaques de Paul. Le monstre explosa dans un vacarme épouvantable. L’ami de Paul était toujours caché derrière une pierre depuis le début du combat. Il était pétrifié : il venait de voir quelqu’un qu’il voulait menacer détruire un monstre géant.
A la place du monstre, il y avait une sphère. Paul la prit. Le chevalier remonta les deux enfants et dit à Paul qu’il était le chevalier Jean de Tasnica :
"-En enlevant l’Épée de Mana, tu as libéré les forces sombres. Il était dit qu’un chevalier devait retirer l’Épée un jour pour remettre de l’ordre dans le pays de Mana. Mais tu es trop jeune, il a dû arriver quelque chose à l’Épée. La force Mana a dû s’affaiblir. C’est aussi pourquoi je pense que les monstres ont pu sortir aussi facilement. Car normalement, les graines et l’Arbre Mana scellaient aussi les monstres. Or, on a vu que seule l’Épée les maintenait dans l’ombre. C’est pourquoi tu as pu la prendre. Si Mana perd de sa force, c’est très important. Je vais rejoindre la Sage Lucie au palais de l’Eau. Tu pourras me rejoindre ? Je compte sur toi. Tu pourras utiliser l’agence Canon"

Le bannissement

Jean partit. On appela Paul, lui disant d’aller voir le sage chez lui. Dans la maison, l’ambiance était chaude. Tous les villageois présents étaient contre Paul. Ils voulaient le bannir, et le sage n’arrivait pas à donner des raisons suffisantes pour le garder. Paul Mana devait quitter le village. Complètement désemparé, il chercha de l’aide dans les yeux de ceux qu’il voyait. Il ne trouva que de la haine. Pour celui qui avait rempli leurs bois de monstres. Le sage ne put que lui dire :
"-Je suis désolé, Paul. Va en bas, tu y trouveras de quoi t’aider."
Paul descendit et trouva dans le sous-sol un coffre. Il l’ouvrit et trouva à l’intérieur cinquante pièces d’or. Il n’avait jamais possédé un tel trésor. Il remonta. Le sage était seul. Les villageois avaient obtenu ce qu’ils voulaient et étaient partis. Le sage était aussi triste que lui de le quitter.
"-Tu sais, dit-il, lorsque ta mère est venue dans notre village pour accoucher, et lorsqu’elle a disparu, quelques mois après, je l’ai jugée comme étant la plus mauvaise des mères. En t’élevant, comme mon propre fils, j’ai compris au fil des années que ta mère ne devait pas avoir le choix. Et j’ai aussi compris qu’elle ne t’a pas appelé Paul Mana pour rien. Je n’ai malheureusement pas le choix. Tu vas pouvoir acheter tout ce dont tu as besoin dans la boutique et tu devras partir. Je te souhaite bonne chance, et j’espère... qu’un jour... Tu pourras retrouver ta maman."
Paul acheta ce dont il avait besoin, de quoi manger et de quoi se soigner. Il s’acheta aussi une petite cuirasse pour se protéger des attaques des lièvres. Puis sortit par la grande porte, la seule entaille dans les murailles qui entouraient le Hameau Potos. Le garde le laissa sortir et lui dit : « Le conseil a décidé que tu étais banni. Maintenant, Vas-t’en."
Contrairement aux villageois qui le regardaient avec haine, le garde le regardait plutôt avec pitié. Mais Paul senti qu’il ne faillirait pas à son devoir.

Le palais de l’Eau

Paul prit le chemin qui menait à l’agence Canon. Il s’arrêta. En fait, il n’avait presque jamais quitté le Hameau Potos. Sauf quelques fois lorsqu’il était allé à Pandore, le village d’à côté. Il avait juste quelques idées de l’emplacement du palais de l’Eau. De toutes façons, il allait prendre l’agence Canon. Cette agence, qui s’étendait de jours en jours, pouvait vous emmener sur n’importe quel endroit du continent de Mana. Le bruit courrait que bientôt l’agence Canon allait s’étendre sur la Terre entière. Paul arriva à l’agence. Il y avait un petit bonhomme musclé et trapu. Ses yeux donnaient l’impression de deux serpentins derrière d’épaisses lunettes de verre.
"-Tu es Paul ? Jean a déjà payé le voyage pour toi. Direction : le Palais de l’Eau. Profites-en pour regarder le paysage ! Glisse-toi dans le canon."
L’agence est en effet constitué d’un canon. Le voyageur se glissait à l’intérieur et on l’envoyait directement vers l’endroit demandé. Il y avait des Canons un peu partout dispersés dans le continent.
Paul rentra dans le canon -non sans une légère appréhension- et ferma les yeux. Il fut projeté avec force dans les airs et voltigea entre les nuages. Il retomba, et, durant de longues secondes, ils se demanda comment les frères canon pouvaient aussi bien calculer le point d’arrivée.
Paul retomba sur une espèce d’amortisseur, et après avoir rebondi quelques fois, il posa pied à terre. Il était devant le palais de l’Eau. Il le reconnaissait, grâce aux descriptions faites par les voyageurs qui passaient par Potos. Mais personne n’avait le droit d’y rentrer. A gauche de Paul, il y avait un escadron du roi de Pandore. Paul reconnaissait les gardes grâce à leurs uniformes. Leur chef, le major Tom, les conduisit jusqu'à un télétransporteur. Les soldats disparurent les uns après les autres en marchant sur la dalle magique. Paul savait que ce télétransporteur amenait chez la sorcière. Pourtant on la disait pas dangereuse. Pourquoi un escadron allait-il l’attaquer ? Mais ce n’était pas le problème de Paul. Il se dirigea vers le palais et reconnu le chevalier Jean.
Il le conduisit à l’intérieur et l’amena vers la sage Lucie, qui s’occupe du pouvoir de l’Eau depuis deux cents ans. Paul ne vit qu’une jeune fille aux cheveux verts, avec des yeux rouges, qui attendait devant une petite pyramide.
"-Ey, toi, demanda-t-il, où est Lucie ?
-Un peu de respect, dit Jean. Puis, à la fille : heureux de te revoir, Sage Lucie.
-Quoi ? S’étonna Paul, cette fille aurait deux cent ans ?
-Et alors, dit-elle. Tu n’as que quinze ans, et pourtant tu as retiré l’Épée Mana."
Elle lui raconta la légende de Mana, et lui expliqua qu’il devait sceller les huit graines de Mana avec son épée. Il lui suffirait pour cela de trouver les palais des éléments : le Feu, l’Eau, la Terre, le Vent, l’Ombre, la Lumière, la Lune et l’Arbre, et de toucher les graines avec son épée. Jean partit à Pandore, étant convenu que Paul l’y rejoindrait.
"-Mais nous sommes au palais de l’Eau, ici, dit Paul. Il y a donc une graine.
-Oui, il y en a une, regarde !"
Elle lui montra le haut de la pyramide. Il y avait une espèce de noix de coco qui reposait sur le sommet.
"-Monte et pose ton épée dessus"

L’énergie Mana

Il monta au moyen de marches taillées dans la pyramide, et s’exécuta. La graine, au contact de l’Épée fit une lumière intense semblable à celle qu’il y avait eue lorsqu’il avait retiré l’Épée. Mais au lieu de sentir des forces s’en aller, il senti des forces entrer dans l’Épée de Mana. Quand la lumière redevint normale, le garçon ne sentit pas le moindre changement dans l’épée.
"-Tu es déçu ? Tu sais, tu viens de sceller la graine Mana dans ton pouvoir, mais tu n’as pas augmenté la force de l’Épée pour autant. Par contre, tu peux le faire en la faisant forger, grâce à la sphère d’arme que tu as.
-La sphère ? Comment le sais-tu ?
-Je savais que tu avais enlevé l’Épée dès le moment où tu es arrivé au Hameau Potos. Je savais que tu avais eu une sphère en tuant Mantides. L’eau m’apporte des nouvelles de partout.
-C’est un pouvoir que vous avez avec l’eau ?
-Oui. A chaque palais sa magie. J’ai la magie d’Ondine, qui correspond à l’Eau. Par exemple, je vois que tu es blessé."
Il ne put que répondre "oui". Son pansement était très révélateur.
"Tu vas voir, dit-elle"
Elle se concentra, et de ses mains sortit une boule d’énergie bleue qui se transforma en espèce de petite sirène. La sirène pointa un doigt sur Paul et il vit une goutte d’eau bleue tomber de nulle part. La goutte l’entoura et il se sentit revivre. Un peu comme quand Jean lui donnait des forces. Mais en plus vif, plus vivifiant. Lorsque ce fut terminé, il n’avait plus du tout mal au bras. Il se sentait fort. Il retira son pansement. Sa blessure avait disparu.
"-Là, tu vois, je viens d’utiliser la magie d’Ondine. Il y a pour chaque élément une magie. Comme je disais, continua Lucie, tu vas amener ta sphère et ton épée chez le forgeron Vulk. Il est chez les Nains, au Hameau Nani. Tu devras aller bien au-delà de dangers. Tu dois accomplir cette mission au plus vite. Mais va d’abord rejoindre Jean à Pandore, ensuite, tu iras chez les Nains."

Les lutins

Paul prit le chemin de Pandore. Il rencontra encore des lapins carnivores, mais aussi des fleurs qui l’attaquaient et les champignons aussi gros que lui. Les mauvaises forces avaient touché toute la faune, et la flore. A mi-chemin, alors que tout semblait calme, il fut attaqué par des lutins. Surgissant de tous les côtés, il se fit assommer par surprise. Dans les bois, les lutins étaient le seul réel danger, et il fallait que Paul tombe sur ceux-là juste quand il se méfiait des monstres.

Paul se réveilla dans une marmite géante. Autour de laquelle les lutins préparaient des épices qu’ils jetaient dans la marmite. D’autres lutins jouaient de la musique en vue de la fête qui devait précéder le banquet, dont Paul serait certainement l’un des plats.
"-Tu as de la chance, dit l’un des lutins, tu es le plat réservé au roi.
-C’est la fête, dit l’autre, allons danser."
Les deux lutins abandonnèrent la marmite. Peu après, une fille sortit des buissons dans lesquels elle s’était cachée. Elle s’approcha lentement vers la marmite, en se cachant pour que les lutins ne la repèrent pas. Lorsqu’elle fut derrière la marmite, elle appela le garçon :
"Hep !"
Paul se retourna dans son bouillon.
"-Qui es-tu, demanda-t-elle ?
-Ce n’est pas important, dit Paul, sors-moi de là, vite !"
Elle s’exécuta et réussit à le hisser hors de cette soupe. Ensuite, ils s’enfuirent ensemble et s’arrêtèrent à l’endroit où Paul s’était fait capturé. Il la remercia.
"-Ce n’est pas grave, dit-elle, je croyais que, enfin... bon, je vois qu’il y a erreur sur la personne. Au revoir."
Elle partit en direction de Pandore.
"-Ey ! Attend ! Trop tard. Je ne sais même pas comment elle s’appelle."
Il partit, lui aussi en direction de Pandore, en espérant la retrouver.

Pandore était un village comme les autres. Pourtant, lorsque Paul arriva, il remarqua une différence. Plus personne ne parlait, les gens ne répondaient pas à ses questions. Une vieille dame lui dit :
"-Qu’est-ce qu’il y a ? Tu n’as jamais eu envie de te taire ?"
Les gens n’étaient pas comme ça, avant, pensa Paul. Pourquoi se comportaient-ils comme des zombies ? Certaines personnes, heureusement, lui parlaient. Elles ne savaient pas pourquoi leurs concitoyens se comportaient comme ça. Par contre, il étaient tous d’accord pour penser que cela venait des ruines, où tous ceux qui avaient perdu la voix se rendaient régulièrement.

Olivia


Paul décida donc de se rendre d’abord aux ruines de Pandore, avant d’aller au château. Les « ruines » étaient en fait un grand temple, dont l’entrée était gardée par deux gardes qui empêchaient Paul de rentrer, et étaient aussi silencieux que les gens qui se promenaient parmi les statues. Paul alla donc au château.
Au moins, là-bas, il y avait beaucoup plus de bavards. On lui expliqua que l’escadron avait été envoyé dans la forêt avec le major Tom car Sorcia, qui vivait dans le château de la forêt semait la panique chez les habitants aux alentours. Là, il rencontra à nouveau la fille qui l’avait sauvé, en pleine querelle avec son père :
"-Ce que tu peux être vieux jeu, papa !
"On verra ça lorsque Tom rentrera de sa mission, dit le père.
"Quoi ? Répondit-elle, Vous avez envoyé Tom chez la sorcière ? Vous avez osé !"
Elle sortit de la salle et tomba sur Paul. Voilà pourquoi elle n’arrivait pas à trouver son petit ami. Le roi l’avait envoyé se faire tuer chez Sorcia.
"-Tiens, tu es un escrimeur ? Lui dit-elle.
-Tu veux parler de ceci ? Demanda Paul, en lui montrant son épée.
-Ey, mais c’est super, cria-t-elle. J’ai besoin de toi ! Je t’ai aidé, non ?
-En quoi je peux t’aider ?
-Il faut aller délivrer Tom, dit-elle.
-D’accord, comment t’appelles-tu ?
-Je m’appelle Olivia.
-Très bien, Olivia, on continue notre route ensemble ?
-Je te suis, dit-elle."
Ils allèrent dans la salle du trône. Jean était déjà là. Il parlait avec le roi qui se plaignait que ses sujets se comportaient comme des zombies.
"-Paul, tu es ici ! Dit Jean en se retournant, je suppose que tu as vu ce qui est arrivé aux gens. Le mystère est dans les ruines de Pandore. Je vais y aller.
-Je viens avec toi !
-Non, dit fermement Jean, tu dois restaurer ton épée. Je te rejoindrait plus tard."
Jean partit et Paul et Olivia sortirent ensuite. Ils prirent la direction de Gaya, où se trouvent les grottes et le hameau Nani. Durant le chemin, Paul et Olivia rencontrèrent toujours des monstres, et d’autres, dont en particulier une abeille volante de la taille d’un chien qui lançait des dards empoisonnés. Alors que Paul découpait ses ennemis à coups d’épée, Olivia donnait des coups de pieds et envoyait ses ennemis par-dessus sa tête. Lorsque ses adversaires étaient battus, ils disparaissaient. La fille se battait très bien, bien qu’elle n’eut pas d’armes. Elle connaissait aussi bien le pays, et Paul ne fut pas mécontent d’être accompagné. Il voulait lui demander pourquoi elle avait besoin d’aide, mais elle ne semblait pas disposée à parler. Elle voulait juste aller cher la sorcière.
Devant les grottes, la fille commença à se demander ou Paul l’emmenait :
"-Ey, où vas-tu ?
-Au hameau Nani.
-Ey, non ! Il faut aller chez la sorcière ! Délivrer Tom !"
C’était donc ça. Elle voulait délivrer quelqu’un.
"-Mais je dois restaurer mon épée, moi !
-Plus tard, répondit-elle, pour moi, c’est une question de vie ou de mort !
-Bon, d’accord, dit Paul."
Il pensait bien que même s’il ne voulait pas aller chez la sorcière, elle irait toute seule. Et de toute façon, il avait promis de l’aider, non ?
"-Mais pour aller chez la sorcière, il faut prendre le télétransporteur qui est près du palais de l’Eau.
-Non, dit-elle, ce télétransporteur envoie sur une plate-forme qui est à côté du chemin. Pour le rejoindre, il faut une corde, et c’est Tom qui a pris un fouet pour passer par là : c’est plus rapide. A côté des chutes, il y en a un autre. Le chemin est plus long, mais au moins on n’a pas besoin de fouet.
-Je ne savais pas qu’il y avait des fouets sur ce continent."
En effet, les fouets n’étaient utilisés exclusivement que dans les Hauts Pays, et on n’en trouvait jamais dans Pandore ou Gaya.
"-Je sais, dit la fille, mais les Elfes du Haut Pays en ont offert un au roi de Pandore, ils lui ont dit que ce fouet était magique, mais personne n’a jamais pu l’utiliser autrement que comme un fouet normal."
Ils avaient déjà fait du chemin tout en parlant, et tout en détruisant des monstres. C’était la première fois que Paul bavardait tout en se battant contre des fleurs carnivores et des champignons toxiques. Elle l’emmena vers un télétransporteur. Dès qu’ils posèrent le pied dessus, le décor autour d’eux commença à tourner, de plus en plus vite, et Paul ne vit autour de lui plus qu’une trace blanche, tant la vitesse de rotation était grande. Lorsque le décor ralentit, et finit par s’arrêter de tourner, ce n’était plus le même. Il y avait maintenant une atmosphère noire, ils étaient dans une forêt, et un chemin étroit s’ouvrait à eux.

Hameau Nani

Olivia mena Paul sur le chemin, lui disant que le château de la sorcière ne devait pas être loin. Mais sur leur chemin, sans prévenir, sortaient des buissons de petits ours armés d’arcs et de flèches, qui tiraient sur les deux compagnons et fonçaient se cacher de nouveau dans le buisson. La première attaque surprit Paul et Olivia, qui furent blessés, mais dès la deuxième, les deux combattants les prirent de vitesse et l’un fut coupé en deux par l’Épée, alors que l’autre se prit un coup de poing dans le ventre, et un coup de pied qui le fit voltiger par-dessus les buissons.
"-C’étaient les gardes de Sorcia, fit Olivia, il vaut mieux courir avant de tomber sur d’autres."
Ce qu’ils firent. Mais au bout du chemin, il y avait une grille en pierre, qui empêchait de continuer la route. Olivia dit à son compagnon qu’elle avait entendu parler d’un forgeron au Hameau Nani qui pouvait faire des armes qui pouvaient casser de la pierre. Paul était donc quitte pour retourner chez les Nains. Ce fut l’occasion pour Paul d’apprendre que Chacha, un matou usurier se promène un peu partout dans le pays, vendant ses produits magiques, et proposant n’importe quel objet un peu rare. Olivia le trouva juste devant les entrées des grottes de Gaya, et ils purent s’acheter quelques produits réconfortants pour leurs blessures. Paul pensa à Lucie, et se demanda s’il ne pourrait pas passer au Palais de l’Eau, pour se faire soigner. Mais il avait autre chose à faire. Chacha avait des prix exorbitants, et Paul était pressé de rendre son épée plus puissante.
Dans les grottes, il y avait des espèces de trolls armés de haches, qui attaquaient sans relâche les deux aventuriers. En plus, il y avait dans ces cavernes des créatures gluantes qui se multipliaient, dès que l’une d’elles étaient détruite. Malgré toutes ces épreuves, Paul et Olivia arrivèrent jusqu'à une porte taillée dans le mur de la grotte. Etait marqué au-dessus : "bienvenue au Hameau Nani".
Le village souterrain Nani était rempli de nains très sympathiques. L’un d’eux leurs dit que l’on entendait souvent des bruits de grattements sous terre, comme si l’on creusait. Un autre leur proposa de se rendre à coté de l’auberge, car il y avait en ce moment un show très passionnant. Mais Paul voulu d’abord passer chez Vulk, le forgeron. Ce dernier lui forgea son arme en utilisant la sphère, qu’il fondit et entoura l’Épée avec le métal en fusion. Après l’avoir réparée avec quelques coups de marteaux, il rendit à Paul son épée, reluisante. Lorsqu’il la prit, Paul sentit en effet que de l’Épée émanait plus d’énergie. Vulk sentit lui aussi un changement dans son marteau :
"-Mais, que se passe-t-il ? Mon marteau brille ! Ton épée ! Elle n’est pas normale, n’est-ce pas ? (Paul répondit positivement) Je le savais ! C’est l’Épée Mana ! Elle a transmi son pouvoir à mon marteau ! Avec ça, je sens que je vais faire une de ces haches dont j’ai le secret ! Viens un peu plus tard, je te la vendrai. Tu devrais passer chez l’ancien, il te parlera de la légende de Mana."
L’ancien raconta à Paul et Olivia quelques histoires, mais la plupart étaient complètement légendaires, et Paul les connaissait déjà. Comme l’ancien leur proposa d’aller voir le show, ils y allèrent. Le show était présenté par l’ancien lui-même, qui leur proposa d’abord de voir une espèce animale unique au monde : le lièvrhomme. Entrèrent en scène un lapin qui ne semblait pas touché par les monstres sombres, et un bonhomme. « Un lièvre, un homme, disait l’ancien, résultat, un lièvrhomme ! » Pas du tout convaincu par ce numéro, les spectateurs attendirent la suite. Entra après un Elfe, leur mendiant un peu d’argent, disant qu’il était endetté jusqu’au cou, et qu’il travaillait dans le Hameau Nani pour rembourser. Pris de pitié, Paul lui donna le reste de son argent, et la représentation fut terminée. L’ancien et l’Elfe rentrèrent dans les coulisses, et Olivia voulant voir les acteurs. Les deux compagnons entrèrent aussi dans les coulisses... pour surprendre une étrange conversation :
"-Je suis content de ma performance, disait l’Elfe.
-Je n’étais pas mal non plus, répondit l’ancien. On commence à remplir un peu les caisses avec ce numéro.
-Si je continue à faire croire que je suis endetté, continuait l’Elfe, ils me donneront plus d’argent."
Paul et Olivia se montrèrent.
"-Ha ! S’étonna l’ancien, vous avez surpris notre conversation ?
-Ce n’est pas ma faute, dit l’Elfe.
-Comprenez-le, dit l’ancien, cet enfant ne sais pas d’où il vient, il est amnésique. De toute façon, nous te rendons ton argent."

Tropicalo

Paul et Olivia les quittèrent. En sortant de la salle du show, en plein centre du Hameau Nani, un tremblement de terre se produit, identique à celui qu’il y avait eu au Hameau Potos, il y avait quelques temps. En effet, un trou s’ouvrit, et Paul et Olivia tombèrent dedans. Ils se retrouvèrent fasse à une plante de trois mètres de haut, crachant des boules de feu. Paul reconnut Tropicallo, le monstre végétal, toujours accompagné d’une racine empoisonnée, Flagellum, qui poussait très rapidement pour atteindre ses proies. Un monstre géant comme Mantides, sauf que là, il n’y avait pas Jean.
Le monstre avait tout en haut de son "tronc" un orifice par lequel il pouvait cracher des sortes de citrouilles qui s’enflammaient au contact de l’air. Ensuite, elles retombaient en explosant sur le sol. La racine s’agrandissait tel un serpent pour s’approcher d’Olivia, qui fit semblant de ne pas la voir. Paul détournait avec son épée la chute des citrouilles. Flagellum contourna Olivia pour l’attaquer par derrière. Paul tenta de donner un coup d’épée sur le tronc de la plante, mais elle résista, et s’enterra... Pour resurgir juste devant Olivia. Celle-ci se jeta sur la racine et la prit comme on prend un serpent vénéneux. Elle écrasa la tête du végétal sur Tropicallo. La plante poussa un cri de douleur, et Paul fonça, l’Épée chargée devant lui, sur le monstre géant. Il fit une grande entaille sur le tronc, et la sève coula. Tropicallo s’enterra une deuxième fois. Olivia tenait toujours la racine, qui commençait à se faire pousser une deuxième tête empoisonnée dirigée sur la fille. Paul le vit juste à temps, et trancha la racine, qui s’enterra elle aussi.
A peine croyaient-ils avoir gagné que Tropicallo et son compère jaillirent du sol, tout en lançant plusieurs citrouilles brûlantes. Surpris, les deux combattants furent touchés par les attaques, et Paul succomba. Olivia, blessée, prit l’Épée Mana, et, en sautant, termina l’entaille que Paul avait commencée. Coupé en deux, le monstre rugit et explosa. La racine périt elle aussi. Elle devait être reliée à Tropicallo.
Les Nains sortirent de leurs maisons, et remercièrent abondamment leurs deux héros. Lorsqu’il put marcher, Paul alla chez Vulk, qui était justement en train de faire les finitions de sa hache.
"-Elle peut casser un rocher, et transpercer n’importe lequel de tous les monstres qui sont apparus. Cette hache est une arme magique, sous la force de Mana."
Olivia pris la hache, et la mania dans le vide avec force. Elle la trouva parfaite. Le forgeron montra à Paul un passage secret qui permettait d’éviter d’entrer par les grottes pour aller au Hameau Nani. C’est alors qu’apparurent l’ancien et l’Elfe. L’amnésique s’appelait Trivol et l’ancien demanda aux aventuriers s’ils pouvaient raccompagner l’Elfe chez lui. Le garçon et la fille furent d’accord.

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